Marley et Me de David Frankel


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Chienne de vie



Avec Marley et moi, David Frankel tente de rendre un peu plus adulte la comédie canine d'habitude réservée au moins de 12 ans. C'est pas gagné mais Owen Wilson intrigue.
Nos amis les bêtes et le cinéma c'est une vieille histoire d'amour : Rintintin, Lassie, Flicka, Orca, Sauvez Willy. Canin, chevalin ou marin, c'est comme un vieux tube, ça marche toujours. Faut dire que 30 millions d'amis, ça aide. C'est donc avec son plus bel air de cocker que notre Owen Wilson chéri se lance dans l'aventure Marley et moi, qui malgré une affiche française trompeuse, raconte moins l'histoire d'un couple (Owen Wilson / Jennifer Aniston), que son bout de vie en compagnie d'un incorrigible labrador. Le programme prévu et inusable ne déçoit pas : gros gags où toutou tire trop sur la laisse, bouffe le moindre truc qui lui passe sous le museau, pique le soutif de Jennifer, sans oublier les moments scato, le tout relancé en moyenne toutes les dix minutes. C'est du lourd, pas inventif pour deux sous, et on ne comprend qu'au bout d'un moment pourquoi ça s'étire sur 2 heures : Marley et moi est un récit d'apprentissage. On s'explique. Au départ, Owen adopte un chien pour détourner Jennifer de ses pulsions maternelles, ce ne sera qu'un objet de transition. Se révélant dans son job de chroniqueur narrant ses aventures rocambolesques avec son clebs, il se laisse embarquer : un enfant, deux, trois, une famille au complet. D'abord éternel insatisfait, Owen prend alors peu à peu conscience de lui-même, il devient un adulte responsable, et un père de famille qui s'assume.

Tout ça sous le regard, mi complice mi je m'en-foutiste du clébard qui durant toutes ces années n'en a fait qu'à sa tête, un modèle d'intégrité canine. Vertigineux : le meilleur ami de l'homme serait donc un guide spirituel malgré lui, il vous montre le sens de la vie. Aussi aberrante et nullissime soit cette comédie existentielle à poils, il faut reconnaître qu'Owen Wilson, probablement sous anti-dépresseurs, ouvre parfois des portes vers l'inconnu. Attention spoiler : quand par exemple ce bon vieux Marley rend son dernier souffle chez le véto, il faut voir la scène où Wilson, comme s'il veillait son père sur son lit de mort, parle à son chien avec amour, la larme à l'œil, pour lui dire qu'il a été grand. Avec un sérieux imperturbable, tandis que derrière les violons foncent dans l'émotion sans faillir, Wilson ridiculise Sean Penn et son Oscar. Un vrai tour de force, donner autant, si généreusement, sans le moindre soupçon de distance, tout entier dans le regard défaillant d'un labrador. Inutile de mentionner la fin, qui entre crépuscule et célébration, enfonce le clou en sortant définitivement les mouchoirs. De la comédie patapouf on termine sur un drame familial déchirant. Faut juste être dans le truc pour y croire. Pas évident.

Marley et moi
De David Frankel
Avec : Owen Wilson, Jennifer Aniston, Eric Dane
Sortie en salles le 04 mars 2009

Illus. © Twentieth Century Fox France

Jérôme Dittmar Le 01 mars 2009
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