Max la menace de Peter Segal


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On ne peut plus se passer de Steve Carell, prêt désormais à lui pardonner ses moindres erreurs de parcours. Max la menace n'en est pas vraiment une - il sauve le film par sa présence -, mais ce n'est certainement pas une réussite.
Etrange objet que Max la menace, réactualisation tardive d'une série télé de Mel Brooks bien connue des baby boomers. C'est un problème de proportions. D'un côté, le film s'applique à reprendre chaque élément phare de cette célèbre parodie de James Bond : son super espion gaffeur, ses gadgets rigolos, sa voiture cabriolet, sa musique, bref un univers ; de l'autre, Peter Segal et sa bande tentent de la moderniser à renfort d'effets pyrotechniques ou d'images numériques dernier cri. L'équilibre entre la référence à une comédie old school et l'action next gen est du coup bancal, pas évident. Peut-être parce que les gags reprenant en partie l'esprit Mel Brooks sont d'un autre temps, dans une veine parodique désormais en désuétude, l'aspect tuning de l'ensemble a du mal à s'imposer. A la fois ce retour à un burlesque naïf dont Steve Carell épouse à merveille toutes les contorsions est plaisant. Et ce côté cartoonesque a son charme. Pas le même qu'Anne Hataway en atout sexy avec qui l'acteur fait la compète pendant plus d'une heure - un leitmotiv un peu usant en l'absence d'un bad guy convaincant, mais certainement ce qu'il y a de mieux à tirer du film.

Pour le reste, les recettes perso de Segal donnent un peu mal au cœur. Pote de notre ami Adam Sandler, auteur du mirifique La Famille Foldingue, l'homme a pour habitude de frapper là où ça fait mal. Ainsi l'irruption de gags scato, les visions de Carell en Max autrefois obèse, sa danse avec une partenaire en excès pondéral, ne renvoient pas au meilleur de la comédie américaine. Fils spirituel des Z.A.Z (Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, Y a-t-il un flic... etc.), Segal peine à laisser respirer les meilleurs moments du film sans les plomber régulièrement. Ceux justement les plus simples : objets détraqués, réactions en chaîne, gaffes, cascades ratées, tout le traitement par l'absurde du cinéma d'action et d'espionnage, le renversement du familier, cette chronique du ratage que Carell maîtrise avec une élégance que ne connaît pas un Leslie Nielsen. Quand l'acteur, toujours dans la composition et jamais dans le second degré, tire le film vers le haut et éveille un remake proche d'OSS 117, son réalisateur le tire vers le bas en tendant vers un Nutty Professor filmé par Michael Bay. A souffler le chaud et le froid entre l'un et l'autre, le film s'égare, devient bruyant, un peu lourd. Dommage.

Max la Menace
De Peter Segal
Avec Steve Carell, Anne Hathaway, Alan Arkin
Sortie en salles le 10 septembre 2008

Illus. © Warner Bros. France

 

Jérôme Le 08 September 2008
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