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Fan du Président René Coty comme d'autres le seraient d'une rock star (il conserve sur son cœur un lot de photographies de son idole et patron), ignare au possible, misogyne, dénué de la moindre intuition, colonialiste, maladroit, homophobe et grossier, OSS 117 est un sacré morceau. Un personnage de comédie absolument savoureux, qui joue la caricature sans traîner du pied, ouvrant la voie à tous les gags. Et ça tombe bien, parce qu'en gros, c'est ce qu'on lui demande. En effet, OSS 117 n'est pas un remake de film d'espionnage (même si le personnage imaginé en 1949 par le romancier Jean Bruce a déjà fait l'objet de 265 romans, de bandes dessinés, de pièces de théâtre et de huit films de genre), mais une totale parodie. Du début à la fin, aucune ambiguïté, tout le monde est là pour rire. Et si le héros est à fond dans le premier degré, le film lui est à prendre au minimum au second. On attendrait d'ailleurs difficilement autre chose des producteurs de People : Jet set 2 et Brice de Nice (avec déjà, est-il besoin de le préciser, Dujardin) et d'un réalisateur (Michel Hazanavicius) qui a travaillé avec les Nuls et signé les scénarios du Grand Détournement (diffusé par Canal+) et de Delphine 1, Yvan 0.

Le Caire en Technicolor
Côté déco, on est en plein dans le Caire de 1955, ou plutôt des séries B de l'époque. Et là, aucun faux pas. Le jeu sur les codes des réalisations est au point. Le Technicolor apporte le grain qu'il faut, les costumes et décors sont précis, le tout est kitsch à souhait. L'atmosphère des films d'espionnage à l'ancienne est donc habilement pastichée, ce qui permet à la parodie de fonctionner à plein. En prime, le film s'offre un irrésistible petit côté politico-provoc' sur des questions piquantes (Islam, machisme, colonialisme...), avec notamment le passage à la moulinette de toute une série de clichés sur le monde arabo-musulman (« arabo quoi ? », s'interroge notre agent secret) qui sont prétextes aux plus belles passes humoristiques du film.
Alors non, James Bond n'a pas trouvé son successeur dans l'Hexagone, Austin Powers non plus, mais OSS 117 laisse émerger une sorte de nouveau héros franchouillard qui puise juste ce qu'il faut dans les deux précédents. On ne l'aurait peut-être pas apprécié sur deux heures, mais le film ne durant qu'un peu plus d'une heure trente, ça passe plutôt bien. Juste le temps pour que la comédie parvienne à nous faire rire, sans tirer trop vers le jaune.

OSS 117 - Le Caire, nid d'espions
Un film de Michel Hazanavicius
France, 2006 - 1h39
Avec : Jean Dujardin, Bérénice Bejo, Aure Atika, Philippe Lefebvre, Constantin Alexandrov, Said Amadis, Laurent Bateau, Eric Prat
Sortie en salles : 19 avril 2006
- Lire la critique d'OSS 117 : Rio ne répond plus
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