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Dès lors, Porter, qu’on annonce mort dès le départ comme le Snake Plisskens de Carpenter, va agir comme dans les jeux vidéos en franchissant des tableaux successifs (qu’on ne vous passera pas tous dans le détail).
Le traître - tableau n°1 - a vraiment cette sale gueule de monstre qui vous empêche de passer au niveau supérieur. Porter lui rectifie le portrait après seulement une demie-heure de film, preuve que l’autre a bien résisté.
Tableau n°2 : sa poule junkie. Anecdotique.
Tableau n°3 : les truands du caïd du premier cercle. Facile grâce aux munitions glanées au tableau précédent.
Tableau n°4 : James Coburn, animé par le feu sacré sur son troisième âge, après le monumental Affliction, nous revient toujours bonifié. Gangster de catégorie 2. Pompes en croco. Dandy. Amateur éclairé de beaux objets. Porter utilise sa botte secrète.
Tableau n°5 : le chef suprême des méchants. Le chanteur country Kris Kristofferson qu’on aime décidément de plus en plus (bronzé, la gueule refaite et lisse d’aucune ride) dans ses rôles à la John Voigt de vieux mecs rusés et travaillés par la vie. Porter récupère un otage dans un des passages secrets et l’utilise pour faire cracher le caïd. Pour la scène finale, il se sert d’une arme absolue récoltée aussi sur le premier tableau.
Jackpot : Porter délivre la pépette - la pute de luxe, blonde, qui revient fort dans les films US après LA Confidential - qui lui tombe dans les bras chargés de biffetons.
Il ne faudra pas oublier dans le rôle des ennemis qui assurent le lien entre les scènes : la mafia chinoise, ridicule de justesse jaune avec kung-fu, mitraillettes, fourgon de l’Agence Tous Risques et bombe sexuelle sado-maso (la combi cuir de Lucy Liu reste la grande trouvaille esthétique du film), et les flics ripoux Dupont et Dupond, coincés à la dernière minute par la grandiose Police des Polices, sorte d’antipathique cavalerie Nouveau siècle.
Du jeu - enfin du film - on retiendra, en plus de ce qu’on a déjà dit sur Mel Gibson, un graphisme superbe, qu’on doit principalement à un casting de têtes de bandes dessinées sorti tout droit d’Angoulême, une jouabilité presque parfaite et une mise en scène sans fioritures. Les tableaux s’enchaînent sur un rythme effréné sans que le spectateur ait le temps de dire ouf ou de se demander ce qu’un type sérieux comme lui peut bien trouver à cette sorte de films. Obsédé par sa recherche du plaisir au même titre que Porter, rendu maboule par sa quête de vengeance, fait tout péter autour de lui, le spectateur regrettera qu’il n’y eut pas quelques tableaux supplémentaires et qu’on l’empêchât de refaire une petite partie dans la foulée.
Payback
De Brian Helgeland
Avec Mel Gibson, Gregg Henry, David Paymer
Etats Unis, 1998, 1h40.
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