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Ouf de soulagement dès l'ouverture du film : une voiture parcourt le Bronx au son d'un hip-hop surpuissant qui fait trembler les images dans le rétroviseur. Jim Sheridan a donc opté pour une réalisation nerveuse et chiadée. Dès la séquence suivante, Marcus, alias 50 Cent, et sa bande attaquent un gang de Colombiens. Fusillade, poursuite en bagnole, Marcus prend neuf balles dans la peau devant la maison de ses grands-parents. Deuxième bonne surprise, Get rich... est moins un film sur le rap que sur la mythologie qui l'innerve, le fric, les armes, la légende du truand parfait à la Scarface. Alors que 8 Mile, réalisé autour d'Eminem, plaçait le hip-hop au centre du dispositif scénique, Get rich... en fait la toile de fond d'un très efficace film de gangsters.
Crimes et blindage émotionnel
L'histoire, elle, tient sur une feuille à rouler : Marcus vit dans le Bronx où sa mère deale avant de s'y faire buter. Marcus prend la relève et devient en quelques années un malfrat d'envergure. Le rap et la paternité assureront in fine sa rédemption. La vraie vie de 50 ou presque, « fidèle à 75 % », selon le rappeur. Le quart restant, c'est notamment l'absence du père qui oblige Marcus à se débrouiller tout seul, comme Rabbit dans 8 Mile.

Les autres sont un moyen
Qu'elle se réalise à coups d'OPA hostiles ou de magnum 357, la réussite financière implique dans tous les cas de nourrir un individualisme parano et criminel, surtout si on est jeune et noir. Cinéaste inspiré par les problématiques d'immigration - il avait réalisé In America autour des Irlandais exilés aux USA -, Jim Sheridan montre que l'illégalité est presque la seule voie de mobilité sociale pour les jeunes afro-américains. Ses gangsta ont saisi le message du libéralisme - « gagne du fric ou vas mourir »- comme les données du système ; les autres ne sont qu'un moyen.
« S'il s'agit (...) de l'intégration au système capitaliste, il est évident que la caillera est infiniment mieux intégrée à celui-ci que ne le sont les populations (...) immigrées dont elle assure le contrôle et l'exploitation à l'intérieur de ces quartiers expérimentaux que l'Etat lui a laissé en gérance », écrivait Jean-Claude Michéa dans L'Enseignement de l'ignorance en 1999. Certes, un tel argumentaire politique habille un peu large un film qui ressemble quand même plus à un clip de Snoop Doggy Dog qu'à une œuvre engagée. Quoique : aux dernières nouvelles, 50 Cent aurait lu Sun-zu et Machiavel...

Réussir ou mourir
Réalisé par Jim Sheridan
Etats Unis, 2005
Durée : 1h57
Avec Curtis , Joy Bryant, Viola Davis
Sur le web : - Le site du film
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