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En pleine ère reaganienne, l'épisode joue ainsi avec l'air du temps et s'accapare la guerre froide. Rocky IV c'est un peu Rocky contre les soviets et l'électricité. La célébration de valeurs humanistes à travers le culte d'un corps authentique, incarné par l'idéal démocratique américain et Stallone, contre la mécanique d'un corps robotisé, incarné par Dolph Lundgren, en figure métaphorique d'un communisme déshumanisant dont il serait le jouet et le symbole. Sinon le fait que la distinction entre chaque personnage n'est pas aussi évidente que Stallone l'imagine, cette conception des valeurs caricaturales, fait d'autant plus bifurquer la série qu'elle met son idée du centre (le milieu social dont on puise son énergie) au service d'une vengeance : la mort d'Appolo.
Mais par-delà ses considérations géopolitiques aussi énormes que l'époque, Rocky IV est encore un prétexte au retour sur soi, une manière de revenir sur son propre mythe, une occasion de revisiter son histoire lors d'une séquence plus clipesque que jamais (comme l'intégralité du film, pleine de tubes inécoutables), où des images des précédents épisodes se succèdent alors que Rocky traverse sa plus forte période de doutes. Ce moment est, à lui seul, passionnant pour sa capacité à évoquer la dimension autobiographique de l'œuvre. De manière unique, il fait de Rocky une série où l'image ne cesse d'alimenter sa propre histoire du cinéma, il joue avec une mémoire collective des œuvres appartenant autant à Stallone qu'aux spectateurs.
Rocky IV
Réalisé par Sylvester Stallone
Avec Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Carl Weathers, Dolph Lundgren
Etats-Unis, 1985 - 1h31

Sur le web : - Site officiel
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