| 1 | Twilight - Chapitre 2 : tentation |
| 2 | 2012 |
| 3 | Le Concert |
| 4 | Trésor |
| 5 | Le Petit Nicolas |
| 6 | Rapt |
| 7 | L'Imaginarium du Docteur Parnassus |
| 8 | L'Homme de chevet |
| 9 | A l'origine |
| 10 | Micmacs à tire-larigot |
| . | Vincere |
| . | Le Drôle de Noël de Scrooge |
| . | Capitalism : A Love Story |
| . | Le Vilain |
| . | Zombieland |
| . | Hadewijch |
| . | Une Affaire d'Etat |
| . | Kinatay |
| . | Les critiques Cinéma |




Follement, irrésistiblement, Woody Allen s'amuse de ses protagonistes comme de lui-même : joie de le revoir à l'écran grimé ici en pathétique magicien juif, Sidney Waterman alias Splendini (Splendini !), chemises à jabots, accessoires cheaps et blagues maladroites (« J'ai gagné mon premier carpaccio au poker - Le peintre ? - Oh non, c'était du thon »). Il sera entraîné bien malgré lui dans une trépidante enquête aux côtés de la blonde et pimpante Sondra Pransky. Autre délice, et surprise cette fois, de retrouver, loin de la vamp campée dans Match Point, Scarlett Johansson en étudiante en journalisme mal fagotée, la teinture de cheveux ratée, dans ce rôle pourtant attendrissant. Prête à tout pour publier son premier scoop, Sondra compte démasquer le redoutable « Tueur aux tarots », serial killer des beaux quartiers, tout en se débattant d'une idylle avec lui qui pourrait lui être fatale... Complications, suspense et coups de bluff : devant tant de dangers et de changements de cap, Sondra insuffle une nouvelle jeunesse à ce pauvre Splendini, hissant leurs impostures au rang des grandes comédies.
Mais serions-nous aussi indulgents si cette comédie n'était signée Woody ? Sans doute certains grimaceront, regrettant la cynique malveillance qui teintait Match Point, la nostalgie grise de Manhattan, ou l'introspection sourde qui émanait d'Interiors ou de Stardust Memories. Ce serait oublier que l'univers d'Allen est infiniment libre, qu'il bénéficie de multiples entrées qui combattent, par le biais du rire, une angoisse de la discordance et du facteur « chance » face à l'adversité. Dans l'univers d'Allen, il n'y a pas de justice, et jouer au pitre n'est qu'une façon élégante de tromper l'ennui. De fait, le rythme des séquences nous indique que l'heure tourne et qu'un drôle d'ultimatum presse.
Comment dès lors ne pas se faire plaisir ? Woody Allen transforme son approche de la mort en une vision si colorée, si kitsch : là où l'ouverture du film rappelle la première image du baroque Fellini Roma, il est clair que le purgatoire est une farce dont on doit se moquer. Savoureux tour de passe-passe. Et Allen s'en amuse et nous embarque avec lui, fonce en criant au volant de sa Smart - après cette séquence, impossible de croiser une Smart sans penser à lui. Impossible aussi, désormais, de croiser un maillot de bain rouge, un magicien ou un gros titre façon « fait divers » sans imaginer une intrigue allenienne qui nous mettrait en garde, une grande farce ridicule qui nous guetterait tous au son du Lac des Cygnes ou de la Tritsch-Tratsch Polka.
Bande Annonce (anglais):
Scoop
Réalisé par Woody Allen
Avec Woody Allen, Scarlett Johansson, Hugh Jackman
Sortie en France : 27 Septembre 2006
Sur le Web : - le site officiel
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z