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« Thank you to let me be myself », c’est sur ces paroles que se termine donc le dernier volet du blockbuster de Dreamworks, Shrek le troisième. Ce « merci de me laisser être moi-même » sonnant comme la confession de toute la série, un peu son épitaphe ou son paradigme.
Car, que faut-il comprendre ? Tout simplement que l’ogre le plus célèbre du cinéma désirait qu’on lui foute la paix - ce qui n’aura d’ailleurs trompé personne puisque dès le premier épisode il le déclamait haut et fort, c’était même le seul but de sa quête. Ça tombe plutôt bien que Shrek veuille qu’on le laisse tranquille dans son marais puant, accompagné de sa princesse obèse qui a préféré la laideur au strass de son royaume aux allures de Beverly Hills (ce qui a plus de gueule mais bon). Ça tombe bien parce que pour être honnête, Shrek on s’en fout un peu. On exagère ? À peine.

Bon, là, dans cet épisode avec plus de pets et de rots (dure vie de scénariste à Hollywood, on compatit), il y aussi le roi Arthur joué par Justin Timberlake - ça fait une star de plus au casting. Il y aussi le lycée où Shrek le sauve de sa vie de tête de turc (Lancelot en sportif le martyrise, Guenièvre en pimbêche le snobe, rires), et Merlin en Timothy Leary version has been. Et puis encore tout plein de personnages de contes de fée comme le capitaine Crochet, Cendrillon, Blanche Neige avec des super pouvoirs, bref, c’est cool, le bestiaire répond présent. On en a pour son argent et à la fin Shrek sauve le royaume du putsch mené par le prince charmant.
Sinon rien de nouveau, dix gags à la minute, plutôt balaise, bel effort de densité. Alors quoi ? Bien, et si finalement Shrek n’était qu’un petit bourgeois, voire un petit bourgeois un brin réac’ ? Après tout, cet instinct de propriété, cet individualisme, cette obsession de la famille, passe toujours avant l’effort de réconciliation. Et puis cette manière que le film a de faire la promotion des obèses sous couvert d’être « soi-même », de s’accepter comme on est, quelle rengaine. Une morale, non seulement usée mais aussi horriblement conservatrice. Décidément c’est décidé, Shrek n’est pas notre ami. D’ailleurs on préfère l’âne, voire le chat - oui plutôt le chat.
Sherk le troisième
De Chris Miller
Avec (voix) : Mike Myers (Alain Chabat en français), Cameron Diaz, Eddie Murphy, Antonio Banderas, Justin Timberlake.
Sortie en salles le 13 juin 2007

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