Silent Hill de Christophe Gans


Critique

Note du film  par la rédaction

Lecteurs

Note du film  par les lecteurs

Votre note

Peur sur la Hill



Quatre ans après Le Pacte des loups, Christophe Gans revient sur les écrans avec une adaptation de jeu vidéo. Et si Silent Hill le film était vu par un fan intransigeant du jeu originel ? A vos pads : 3, 2, 1...
- Lire aussi la chronique de Silent Hill, le jeu et notre interview de Akira Yamaoka, le compositeur.

Scénario :

Avec l'aide de Roger Avery (Killing Zoé, Les Lois de l'attraction) et Nicolas Boukhrief (Le Convoyeur), Christophe Gans a réécrit à sa manière Silent Hill premier du nom (Lire notre chronique de Silent Hill, le jeu), en nous transportant dans sa vision. Certes il s'offre quelques libertés plus ou moins malheureuses par rapport à l'esprit du jeu, mais il réussit toujours à éviter la faute de goût. Selon le thème récurrent de la saga vidéo-ludique, on suit le trajet d'une mère qui tente de retrouver sa fille, jusqu'à ce qu'elle soit emportée par un maelström de violence et d'occultisme que n'aurait pas renié Lovecraft. La mise en scène accompagne parfaitement ces errements psychologiques et physiques par l'utilisation de grands plans panoramiques dans le monde brumeux et des plans beaucoup plus nerveux et proches dans le monde altéré. Toutefois on peut râler sur le fait que la psychologie des personnages a été allégée, même si la plupart des acteurs jouent à la perfection. Et d'autres ombres se profilent également au tableau : une scène « post-finale » un poil trop hollywoodienne (du calme, les fans... ça reste dans l'esprit, mais ça casse juste un peu le « trip » intimiste) et une infime tendance à l'utilisation d'effets de mise en scène à la mode (accélérations et ralentis en tête).

Graphisme :
Le fil narratif se déroule grosso modo sur deux plans (c'est bien plus profond en fait, mais le manque de place me presse) : l'univers normal et l'univers altéré, où tout devient monstrueux, où les murs se transforment en grillage et où la rouille est une composante même de l'oxygène. Le film, très léché, reste en cela fidèle à l'œuvre d'origine, avec des plans magnifiques de mélancolie et/ou de malaise. Néanmoins, le revers de la médaille, c'est que parfois l'esthétique y est "trop" léchée.

Là où nous attendions un univers sale et nauséeux, nous nous retrouvons face à un environnement graphiquement impressionnant, mais d'où le malaise n'émerge pas assez. Niveau effets spéciaux, les créatures sont au contraire incroyablement malsaines et dégoûtantes, avec une mention spéciale au célèbre Pyramid Head, cette montagne de muscles dérangée et dérangeante qui hante l'univers altéré suivi par sa cohorte de cafards dégueus.

Son :
La meilleure chose qui ait pu arriver à ce film. Gans a pioché dans toutes les compositions d'Akira Yamaoka (lire notre interview du bonhomme) et en a extrait la substantifique moelle. Les quelques morceaux inédits se payent le luxe d'être totalement dans le ton, puisque composés par le même génie. Niveau bruitages, c'est la panacée. Les cris vrillent les tympans, les sons du monde altéré le rendent plus organiques que jamais, et se forme alors un tout complètement infect et crade.

Verdict :
Après toutes les adaptations que nous avons dû subir par le passé, Silent Hill remporte haut la main celle de la plus fidèle et de la plus accessible aux néophytes (bien que le scénario à lui tout seul mérite une interdiction aux plus jeunes). Une très bonne adaptation certes, mais surtout un film parfaitement jouable. Conclusion : Insert coin.

Silent Hill
Un film de Christophe Gans
France/Etats Unis/Japon - 2h07
Avec :Sean Bean, Deborah Kara Unger, Laurie Holden, Radha Mitchell, Jodelle Ferland, Tanya Allen
Sortie en salles (France) : 26 avril 2006

Pierre Alexandre Rouillon Le 24 avril 2006
Sur Flu : - La critique du Pacte des loups - La critique de Silent Hill, le jeu - L'interview de Akira Yamaoka

Sur le web : - Le site officiel du film