Smart People de Noam Murro


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Thérapie de groupe



Le formatage du cinéma indé US n'est plus à prouver. Preuve encore avec Smart People, premier film de Noam Murro qui nous joue un air connu, mais pourquoi pas.
On a parfois l'impression que le nouveau cinéma indé américain s'acharne à vouloir chasser les petites déprimes du quotidien. Pour répondre à cette mélancolie qu'on réserve d'habitude aux psys, il prescrit sa dose d'anxiolytiques sous forme de films à la BO ciselée où le cercle familial n'est jamais très loin. Nouveau venu débarqué de Sundance où son Smart People fut présenté en 2008, Noam Murro s'engouffre dans la brèche ouverte par ses cousins, les Alexander Payne (Sideways) et Noah Baumbach (Les Berkman se séparent), peut-être les plus proches de lui. Sauf qu'il arrive après la bataille, sur un terrain déjà conquis où sans style particulier, sinon celui des autres (encore que), il a du mal à s'imposer. Rien d'une découverte donc, ce Murro, mais son film laisse le sentiment d'une mélodie déjà jouée pas désagréable à réécouter. Sempiternelle petite musique du récit de famille, ici pas très heureuse depuis le décès de la mère - loin dans le temps du hors champ, mais omniprésent pour ces personnages solitaires. Le deuil, un peu façon Coup de foudre à Rhode Island, encore un air connu que Murro traite avec cette même volonté de panser les plaies en retissant des liens avec l'autre.

Smart People, c'est donc Dennis Quaid, prof d'université blasé auteur d'un essai qu'on dit aussi pompeux que lui. Ellen Page, sa fille, dans une version ultra snob de Juno : ado coincée, elle est obsédée par ses études, le parti républicain et son père. Thomas Hayden Church en oncle à la cool venu s'incruster chez son frère pour profiter d'un toit et changer leur vie au passage. Et Sarah Jessica Parker tombée du scénario pour prendre la place de la mère. Murro divise ainsi les personnages pour mieux rassembler. Il se focalise sur le père et la fille, chez qui l'intelligence est une fuite pour se protéger du monde - ils compensent un déficit affectif -, pour que les autres, en contraste, leur donnent de l'air et ressuscitent un sentiment absent. De cette psychothérapie familiale insinuant que le bonheur est fait de simplicité, on préfère sa composition par touches. Le film est à l'image d'un groupe où chacun joue seul pour finir par s'accorder et jouer progressivement ensemble (afin de trouver une mélodie tuant la dépression, le deuil, pour un devenir commun apaisé en famille). Un peu trop de clichés au final, des situations inabouties et un manque d'identité, mais une tonalité pas déplaisante.

Smart People
De Noam Murro
Avec : Dennis Quaid, Ellen Page, Thomas Hayden Church, Sarah Jessica Parker
Sortie en salles le 17 juin 2009

Illus © TFM Distribution

 

Jérôme Dittmar

Le 15 June 2009
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