Actu ciné
. Films de la semaine
. News cinéma
. Prochainement
. Photos cinéma
Box office
Entretiens
Entretien avec Luc Moullet
. Entretien avec Luc Moullet
. Entretien avec Jan Kounen
. Entretien avec Soi Cheang
. Entretien avec Francis Ford Coppola
. Entretien avec Axelle Ropert
. Les interviews Cinéma
Critiques
. La Horde
. I Love You Phillip Morris
. Lovely Bones
. Ninja Assassin
. Sherlock Holmes
. Anvil !
. Une exécution ordinaire
. Lebanon
. Les critiques Cinéma
Dossiers
Harry Potter au cinéma
. Harry Potter au cinéma
. Nouvelle Vague
. Histoire du cinéma porno
. Festival de Berlin
. Dossier Mesrine
. Téléchargement de vidéo sur Internet
. James Bond
. Festival Ciné Nordica
. Tous les dossiers Cinéma

Spider de David Cronenberg


Critique

Note du film  par la rédaction

Lecteurs

Note du film  par les lecteurs

Votre note

L'âme en toile de fond



Au moment des bilans, retour mérité sur un des films de l'année. Ne ratez surtout pas le nouvel opus de David Cronenberg, une merveille de subtilité en milieu moisi. Quand l'âme joue des tours au corps, ou inversement, c'est l'univers entier qui chavire sous nos yeux. Mais sont-ils assez ouverts ?
Spider est un homme d'une trentaine d'années, un névrotique qui sort juste d'un asile où il était entré dès l'enfance, traumatisé par la mort de sa mère, assassinée par son mari qui la remplaça au pied levé par une hideuse prostituée. Spider rejoint une pension de la banlieue ouvrière de Londres, celle-là même où il passa son enfance.
Immanquablement, des souvenirs vont bientôt l'envahir, et révéler l'impensable. Lorsqu'on le découvre pour la première fois, Spider descend d'un train, dont l'arrivée en gare rappelle fortement celle des frères Lumière. Dans ce premier plan, Cronenberg tend un premier fil, une ligne de fuite : Spider est un voyage, le retour en arrière d'un homme vers son enfance, et celui d'un film vers ses origines : le document investi d'un regard.

Mystérieusement, la promotion du film a véhiculé l'idée d'une enquête que mènerait Spider pour comprendre ce qui l'a rendu "fou" dans son enfance. Idée improbable, en parfait contresens du film. Si les souvenirs de son enfance reviennent à la surface de l'esprit de Spider, il ne saurait s'agir d'une recherche délibérée, mais bien plutôt de réminiscences, dont on sait bien depuis Proust qu'elles n'ont rien de volontaire ou de recherché. Ainsi, Spider est littéralement saisi, hanté par des fantômes de son passé, dont celui, hermétique, de lui-même enfant. Lui-même, ou peut-être bien un autre, puisqu'à l'instar de nombreux films de Cronenberg, le rapport au corps pose problème (comme nous le rappelait Troudair dans un récent forum). La brillante idée du film consiste à avoir, lors des scènes d'enfance remémorée, fait cohabiter dans la même image les deux corps de Spider : l'enfant et l'adulte. L'effet obtenu est des plus troublants. Succédant aux nombreuses excroissances corporelles plus ou moins hideuses qui peuplent l'univers de Cronenberg, cet enfant blond et silencieux a quelques chose de gênant, d'angoissant. Et le malaise ne fait que croître, jusqu'à la révélation finale : c'est lui qui a tué sa propre mère, qui s'était transformée à ses yeux en pute après qu'il eut assisté aux ébats de ses parents dans une cabane.

Bien sûr, on reconnaît là un schéma freudien classique, qui veut que l'enfant, refusant à sa mère le droit d'être en dehors de lui, la transforme en monstre lorsqu'elle est avec d'autres. La mère a donc au moins deux visages pour l'enfant. Cronenberg, qui connaît bien son petit Freud illustré, souligne le double maternel en employant la même actrice pour les deux rôles (la grande Miranda Richardson, qui n'aurait pas volé un prix d'interprétation à Cannes), et il est amusant de constater à quel point la performance est magnifique : un bonne partie du public ne s'aperçoit de la subtilité qu'aux trois quarts du film, ou pas du tout. Un petit jeu qui ne doit pas réduire le film à une simple application théorique. Cronenberg choisit de clore son récit, de lui donner une explication psychologiquement rationnelle, mais cela ne réduit en aucune mesure le mystère. Peut-être le rend-il même bien plus complexe. En effet, si la question du meurtre de la mère, qui n'a par ailleurs jamais été posée, est bel et bien résolue, il en subsiste bien d'autres, plus subtiles et profondes.

Tout d'abord, on oublie souvent de noter que la "double" performance de Miranda Richardson est en fait triple, puisqu'elle apparaît aussi au Spider adulte sous les traits de la surveillante de la pension, Mme Wilkinson. Cette multiplication du double originel vient nous rappeler que Spider n'est pas la simple vision fantasmée d'un enfant, mais bien celle de l'adulte Spider (le génial Ralph Fiennes). Car, si le nœud freudien est un peu la grosse corde du film, les rapports entre la psyché de l'enfant et celle de l'adulte tissent une toile bien plus vaste et troublante, le véritable cœur du film. Ce qui pose problème n'est pas tant ce qui est arrivé à la mère mais la nature même des visions qui envahissent Spider adulte. Tel un film d'extra-terrestres, Spider pose un corps en train de se faire déposséder. A la fin, lorsque Spider quitte la pension, c'est bien l'enfant que l'on voit dans la voiture, pas l'adulte. L'extra-terrestre, ici, c'est cet enfant meurtrier, qui réapparaît progressivement, s'approprie les plans jusqu'à en chasser l'autre.

Dès son arrivée dans la pension, et sans que l'on s'en rende compte, le processus de "mutation" (pour utiliser un terme cronenbergien) commence. Spider adulte refait automatiquement le geste qu'il avait enfant : il tisse une toile en corde dans sa chambre. Lorsqu'il prend un bain, il se prostre en position fœtale... On pourrait reprocher au réalisateur d'en avoir trop fait tant, dans la pension, les signes de rapprochement homme/enfant sont évidents. Heureusement, dans les nombreuses scènes de visions, Cronenberg fait preuve d'une toute autre subtilité, brouillant pour notre plus grand plaisir les indices permettant d'établir leurs origines. Sont-ce les souvenirs "réels" ou bien des visions qu'avait l'enfant à l'époque ? ou bien les souvenir qu'en garde l'adulte ? ou encore l'idée actuelle qu'il s'en fait ? Comme on met un certain temps à comprendre que l'esprit même de l'enfant est aussi troublé, l'ambiguïté ne fait que s'accroître au fur et a mesure. Ainsi, Spider adulte voit-il sa "bonne" mère aller à la cabane où se retrouvent le père et la pute, les découvrir et se faire assassiner. Est-ce une vision qu'il a eu étant enfant, ou doit-on supposer que l'adulte se projette dans le corps de sa mère aimante pour mieux masquer l'enfant qui a réellement fait ce trajet, suivant ses parents dans la cabane, assistant à leur ébats, ce qui " tua " à jamais l'image de sa mère ? Si cette solution paraît probable, elle renvoie à la schizophrénie de Spider, adulte et enfant confondus, puisqu'ils ne semblent s'être jamais séparés, et la rend d'autant plus fascinante.

Elles-mêmes prises au piège dans une somptueuse reconstitution des faubourgs londoniens des années 50, avec ses lumières blafardes, et ses murs décrépis, les visions de Spider (mais lequel ?) donnent physiquement le sentiment de tisser leur toile sous nos yeux, troublant tous nos a priori, remettant chacune de ses images en question. Un tel film appelle forcément à la re-vision, il nous hante. Le meilleur film de fantôme de l'année, en somme.

Spider
Canada / 2001 / 100'
Réalisation : David Cronenberg
Avec Ralph Fiennes, Miranda Richardson, Gabriel Byrne, Braley Hall.
Sortie le 13 Novembre 2002.

Laurence Reymond Le 16 December 2002
- Le site officiel. - Sur David Cronenberg : www.cronenberg.de (engl). - Dossier Cronenberg sur fluctuat (avec notamment un entretien avec Serge Grünberg). - Lire la chronique de Crash (1999). - De Vidéodrome à ExistenZ : la perte du sens (1999).







Casting de Spider

Réalisateur : David Cronenberg
Avec : Ralph Fiennes, Bradley Hall, Gabriel Byrne, Miranda Richardson, Lynn Redgrave, John Neville, Gary Reineke, Philip Craig ...



• Toutes les news sur Spider
Rétrospective David Cronenberg à Paris Rétrospective David Cronenberg à Paris

Le MK2 Parnasse propose une rétrospective David Cronenberg à...


2007, relecture : les grands ont la forme 2007, relecture : les grands ont la forme

Ils ne nous auront pas déçus en 2007 : de nombreux grands cinéastes...


In Treatment, HBO sur le divan In Treatment, HBO sur le divan

Le 28 janvier, HBO lance une nouvelle série, In Treatment ,...



• Les autres films de David Cronenberg

Les Promesses de l'ombre Chacun son cinéma A History of Violence eXistenZ Crash M. Butterfly Le festin nu Faux-semblants Vidéodrome Dead Zone



• Les autres films de Ralph Fiennes

Le Choc des Titans Nanny McPhee and the Big Bang Cemetery Junction Démineurs Harry Potter et le Prince de sang mêlé The Reader The Duchess Harry Potter et l'Ordre du Phénix Chromophobia The Constant Gardener




• Diaporamas cinéma

• Nés aujourd'hui
Mena Suvari
Amber Valletta
Christophe Clark


• Sur le forum Cinéma

Je recherche un site pour regarder des filmsLa Horde débarque dans le CabinetdesCurios..."main qui s'efface" version "retour vers l...Théâtres au cinéma : coordination par Cous...Vend Kino flo prix très intéréssant.



cinéma.fluctuat.net
Zoom sur


Les personnalités du cinema

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9


Afficher par : naissance / nationalité / métier
Dico des films
L'abécédaire des films

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9


Afficher par : genre / nationalité / année
Histoire du cinéma
Histoire du cinéma

- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma de vampires
- Histoire du cinéma japonais
- Histoire du cinéma italien
- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma mexicain
- Histoire du cinéma coréen
- Histoire du cinéma de vampires
- Histoire du cinéma anglais
- Histoire du cinéma de vampires