Terminator Renaissance de McG


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Dégénérescence



Comment passer après James Cameron, revitaliser l'une des licences cultes du cinéma d'action SF, tel était le gros souci incombant à McG. Réponse : aucune. Terminator Renaissance c'est un peu comme Transformers, à peine moins débile et sidérant.
C'est quoi Terminator ? Un défi technologique, comme chaque film de James Cameron. En 1984, le premier épisode définissait le film d'action contemporain. Son but ? Dépasser les limites, montrer l'impossible, faire du futur une réalité, sa friction, sa tension, jusqu'au sujet du scénario : l'homme victime de ses machines - et fatalement fasciné par elles, autre sujet et parfait corollaire érotique du film. Terminator 2 allait plus loin, ses effets numériques inédits anticipaient l'avenir d'Hollywood, des barrières tombaient, il transgressait le visible. Pour Cameron, chaque film était un prétexte technique produisant de nouvelles règles esthétiques, telle est sa vision du cinéma. Selon lui, tout avait été dit, mais la licence ne pouvait pas mourir, et il incomba à Jonathan Mostow de la ressusciter en 2003. Cette fois plus de projection technologique, de SFX jamais vus, mais un étrange retour en arrière, à une action presque vintage (celle aussi des Terminator de Cameron), alors que sur les écrans Matrix Reloaded optait pour le tout digital. Beau film sur le visage de Schwarzenegger, homme-machine trop humain, trahit par le temps et le réel, Terminator 3 avait déçu (pas nous). On aurait pu s'arrêter là. Mais non, rachetée, la licence s'engage dans une nouvelle trilogie avec le flashy McG en pilote. Comment alors redonner du sens à une telle machinerie quand Hollywood est saturé par une technologie qui ne fait plus peur et de moins en moins rêver ?

Le problème de Renaissance tient dans son incapacité à se situer entre Cameron et Michael Bay. Plutôt à les dépasser pour créer une nouvelle référence esthétique à partir de l'ancienne. Après un début encourageant, laissant présager davantage un héritage musclé et bourrin plus proche d'Aliens, le film s'effondre progressivement. Pourquoi ? D'abord parce que McG est incapable de faire tenir la moindre scène intermédiaire ou dialogue. Certes le scénario n'a jamais été le point fort de la série. Mais Terminator selon Cameron et Mostow, reposait sur une action en flux tendu dont l'évolution était maintenue par ses figures invulnérables (le corps de Schwarzy, le T1000). Pour contrebalancer leur absence motivique, McG tente d'y substituer un univers post apocalyptique et sa batterie de machines guerrières, enfin au grand jour, littéralement. Mais hormis quelques passages, jamais il ne lui insuffle une ampleur, un souffle, une dimension. Le film joue bien la carte d'un récit exsangue pour multiplier les scènes d'action (toutes des poursuites), sans vraie maîtrise visuelle pour faire passer la pilule, n'en ressort qu'un conglomérat de métal bruyant à peine sidérant le temps de quelques plans. Autre point noir, plus important : McG n'a aucune vision, il est incapable de triturer les motifs techno-sidérurgiques de la saga. Le scénario tente artificiellement d'y apporter in extremis une profondeur métaphysique, en vain. Renaissance ? Plutôt dégénérescence.

Terminator Renaissance
De McG
Avec : Christian Bale, Sam Worthington, Helena Bonham Carter, Bryce Dallas Howard
Sortie en salles le 03 juin 09

Illus © Sony Pictures Releasing France

 

Jérôme Dittmar

Le 02 June 2009