| 1 | Twilight - Chapitre 2 : tentation |
| 2 | 2012 |
| 3 | Le Concert |
| 4 | Trésor |
| 5 | Le Petit Nicolas |
| 6 | Rapt |
| 7 | L'Imaginarium du Docteur Parnassus |
| 8 | L'Homme de chevet |
| 9 | A l'origine |
| 10 | Micmacs à tire-larigot |
| . | Vincere |
| . | Le Drôle de Noël de Scrooge |
| . | Capitalism : A Love Story |
| . | Le Vilain |
| . | Zombieland |
| . | Hadewijch |
| . | Une Affaire d'Etat |
| . | Kinatay |
| . | Les critiques Cinéma |



Un show hebdomadaire, vieux de 30 ans, vit ses dernières heures. Réalisée en live dans un «Fitzgerald Theater» qui finira «...en parking, supermarché.», l'émission se maintient grâce à des numéros, inventifs et drôles, placés sous le signe de la bonne humeur.
Auteur, animateur et interprète protéiforme d'une émission semblable, Garrison Keilor, sorte de Laurent Ruquier évolué, est devenu, pour l'occasion, scénariste et acteur d'un film très largement inspiré de sa propre expérience. De son scénario, plutôt linéaire et presque anecdotique, Robert Altman, tire un parti réjouissant, à la fois drôle et profond, qui rend un bel hommage au patrimoine populaire américain. Un film testament.
Mort douce

Si une douce nostalgie crépusculaire habite ce film, rien n'y semble grave. Sous différentes formes, c'est pourtant de mort dont il est question : idées suicidaires, décès naturel, accident de voiture, disparition de l'émission et du théâtre, mort des idéaux...etc. Mais, loin d'être pesante, elle se révèle prétexte à une certaine confiance, presque un abandon. Altman la personnifie d'ailleurs sous les traits d'une belle jeune femme blonde. Ainsi, la mort est-elle calme, curieuse et belle. Elle rôde, attire et il semble que sentir sa douce étreinte ne devrait pas être trop désagréable.
Etrangement, l'omniprésence de cette ombre n'altère pas les prestations des artistes et ne véhicule aucun sentiment de tristesse. Peu enclin au fatalisme, la caméra s'intéresse plutôt à ce qu'il y a entre les gens, ce qui les rapproche et les réunit. Et, dans les productions scéniques comme dans les rapports humains, à défaut de peur, la mort insuffle une énergie roborative. Elle crée de la vie, densifie les contacts et instaure des rapprochements qui doivent se produire...avant qu'il ne soit trop tard.
Confiance aux hommes
«Comme pour un documentaire, la caméra est présente, mais rien n'est organisé pour elle» expliquait Altman. Ainsi, pour réussir à capter cet élan, a-t-il tourné, en continuité, avec plusieurs caméras, des scènes où les comédiens étaient encouragés à improviser. Du coup, une sensation d'action en temps réel irrigue le film d'une vitalité étonnante en faisant la part belle aux numéros d'acteurs. Ce procédé lui permet de s'attacher aux détails et de s'intéresser avant tout au charme qui émane de personnes faisant sincèrement ce qu'elles aiment. Sans héroïsme ni morceau de bravoure, ces artistes simples, plus ou moins talentueux, sont réunis par un attachement commun, des valeurs. Altman les aime tous. Il capte leur humanité et leur vérité.
Mais sa confiance ne se limite pas aux acteurs. Les personnages sont, en effet, un prolongement métaphorique de sa condition de créateur face aux grands studios, de la difficulté d'inventer des formes libres dans un univers standardisé entièrement dédié à l'économique. Sous son œil sage, la résistance peut s'organiser. Elle ne dépend que des volontés individuelles, et de notre courage. En cela, il témoigne d'une très grande confiance en l'humanité, ce qui n'a pas toujours été le cas.
«C'était la dernièr' séquence
C'était la dernière séance
Et le rideau sur l'écran est tombé»
(Eddy Mitchell)
Bande Annonce (anglais):
The Last Show (A prairie home companion)
Réalisé par Robert Altman
Avec Meryl Streep, Lindsay Lohan, Lily Tomlin
Sortie en France : 6 décembre 2006
Sur le Web : - Le site officiel
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z