Le Temps qu'il reste de Elia Suleiman


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L'homme qui en voyait trop



Evoquant 60 ans de destin palestinien à travers le récit de son histoire familiale, Elia Suleiman fait preuve d'une grande ambition. Burlesque et mélancolique, Le Temps qu'il reste travaille joliment sur la profondeur enfouie des sentiments.
Sept ans après Intervention divine, Elia Suleiman se penche sur la destinée des Arabes israéliens (ou « Palestiniens de l'intérieur » ou « réfugiés de l'intérieur »), à savoir les Palestiniens détenteurs de la citoyenneté israélienne. Le Temps qu'il reste remonte à l'origine historique de cette identité, la guerre de 1948. On y voit la défaite au combat du père du personnage central.
Après cette introduction, le film se mue en une chronique familiale (en grande partie autobiographique) hantée par ce désenchantement originel. A grands coups d'ellipses (le film se déroule en 1970 puis 1980, puis en 2008) et à l'aide d'une mise en scène soignée, Elia Suleiman montre comment les affects de toutes sortes tentent de survivre dans un univers hostile.

Parcouru par quelques grands évènements historiques - la mort de Nasser, le déclenchement de l'Intifada ou l'édification du mur de séparation-, Le Temps qu'il reste organise surtout ses gags pince-sans-rire (entre Jacques Tati et Buster Keaton) autour de petites saynètes quotidiennes : le plat de lentilles de la tante Olga cruellement jeté à la poubelle, les régulières tentatives d'immolation par le feu d'un fantasque voisin, la danse dans la modeste boîte de nuit locale. Mises bout à bout, ces séquences minimalistes finissent par créer une tonalité unique, faite de nostalgie, de douleurs intimes, d'espoir et de foi intense dans le pouvoir du burlesque.

On pourra toujours déplorer le relatif flou de l'arrière-fond politico-historique ; mais ce recours à l'ellipse épouse parfaitement le projet de mise en scène d'Elia Suleiman, persuadé que les images tragi-comiques exprimeront toujours mieux les tourments intimes qu'un torrent de paroles.

Le Temps qu'il reste
De Elia Suleiman
Avec Saleh Bakri, Yasmine Haj, Leila Muammar
Sortie en salles le 28 octobre 2009

 

Damien Leblanc à Cannes

 

Le 10 août 2009
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Casting de Le Temps qu'il reste

Réalisateur : Elia Suleiman
Avec : Ali Suliman, Saleh Bakri, Elia Suleiman, Avi Kleinberger, Nati Ravitz, Amer Hlehel, Ziyad Bakri, Menashe Noy, Ehab Assal, Lotuf Neusser, Alon Leshem, ...



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