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Torremolinos 73, ou comment un petit employé devient réalisateur de films porno soft avant de s'éprendre des films de Bergman et de mélanger le tout. Une comédie de mœurs pleine d'allant mais qui manque de souffle.
Alors bien sûr, Carmen et Alfredo acceptent de se livrer à des ébats filmés et enfilent les clichés du porno soft, laissant tomber les sous-pulls en acrylique maronnasses et les costumes cols pelle à tarte sur un lit à la tête griffée Jesus Christ entre leurs murs revêtus de papier à grosses fleurs qui donnerait envie de vomir à n'importe quel insecte de bonne constitution, dans leur appartement mobilier pur plastique de la banlieue madrilène. D'autant plus que l'appât du gain se justifie par l'envie farouche de Carmen d'avoir un enfant et les moyens de l'élever et que pour parvenir à ses fins, la nouvelle actrice porno est prête à tout. Ah délices de la gent féminine ! Il est intéressant de noter que sous le joyeux vernis de la comédie olé olé, Pablo Berger dresse un constat totalement désabusé, certes de nos mœurs sociales, mais plus intimement aussi de l'incapacité de l'être humain à trouver son épanouissement en dehors de la création d'une cellule familiale. A méditer...
Ça c'est pour le morceau de bravoure. Et c'est sans doute ce qui a valu aux films quelques prix dans des festivals de cinéma européens dont Toulouse où il a remporté ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleurs acteurs. On saura gré à Pablo Berger de s'être basé sur l'histoire des mœurs européennes pour camper ce début d'intrigue où chaque détail fait mouche et où les scènes consacrées à l'apprentissage par Alfredo du maniement d'une super 8 avec un pseudo assistant de Bergman valent leur pesant de blondes scandinaves. Il faut s'imaginer l'Espagne à la mort de Franco en 1975. A cette époque, avant l'invention du magnétoscope en 1983, les cinémas porno font recette et les Espagnols à peine sevrés du joug dictatorial se gavent de sexe soft. La seconde partie du film fait plus que référence à l'un de ces nanars, baptisé Torremolinos 73, dont le réalisateur n'est autre qu'Alfredo Lopez auquel Pablo Berger paraît ainsi s'attacher, on ne sait trop pourquoi, à rendre hommage.
Malheureusement, le seul fait d'armes de cet obscur cinéaste est d'avoir tourné une histoire complexe inspirée du Septième Sceau de Bergman, qui eut un succès considérable en Scandinavie. En voulant recréer les conditions du tournage et en nous entraînant à Torremolinos à la suite de Carmen, d'Alfredo et d'une pseudo équipe de techniciens et d'acteurs à favoris blonds et fort accent danois, Pablo Berger tombe dans le convenu. Et quoi de plus ennuyeux qu'un mauvais porno soft, alors imaginez le making off de la chose dans une station balnéaire bétonnée de la Costa del Sol ! Non, vraiment dommage, le film a du mal à passer le grand braquet.
Torremolinos 73
Un film de Pablo Berger
Espagne, 2003
Durée : 1h33
Avec Javier Camara, Candela Pena, Juan Diego...
Sortie en salles France : 15 Juin 2005
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