Transformers 2 La revanche de Michael Bay


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Robots 2 / Humains 0



Michael Bay est du genre éjaculateur précoce insistant : il aime tirer vite, fort et s'y reprendre à plusieurs fois, avec la meilleure volonté du monde. Transformers 2 était donc fait pour lui. On prend les mêmes, et on recommence, ou presque. Nul et sidérant à la fois.

 

Tout ce qui a été dit sur Transformers pourrait être recyclé pour Transformers 2. Mais comme on n'est pas radin, et que tout film de Michael Bay mérite qu'on s'y attarde cinq minutes, resituons. Sommet d'un cinéma régressif assumé et dopé aux effets spéciaux derniers cris, Transformers c'est un peu le film vérité de Michael Bay - là où Bad Boys 2 était sa confession intime. Beauf et fier de l'être, bruyant, lourd et rutilant comme un monster truck conduit par un red neck, c'est du cinéma qui ne triche pas. On sait qu'on est chez Michael, qui très généreux ne lésine jamais sur les moyens pour assouvir ses fantasmes d'artificier fan de grosse cylindrée. Surtout ici, c'est son bébé. Après le succès du premier, Transformers 2 était donc une occasion rêvée pour refaire le plein. On reprend ainsi un peu plus de Shia La Beouf, qui entre deux courses-poursuites pour sauver à nouveau l'humanité avec ses copains robots, règle ses problèmes freudiens avec sa bagnole. Avec lui, sa girlfriend, la très carrossée et lubrifiée Megan Fox - dont le bronzage a déteint sur tout le casting -, brille toujours de ses yeux émeraude et de son sourire ultra bright. L'intrigue est fidèle à elle-même : débile et minimaliste (les robots sont parmi nous depuis la nuit des temps, les méchants veulent se venger et détruire la terre, Shia = l'élu) ; et le rythme exténuant, avec son alternance entre humour scato-cul, emprunts rapides à Gremlins et action frénétique. En gros.

Quoi de neuf alors ? D'abord la durée : 2h30 c'est beaucoup pour rien dire. Transformers était déjà trop long, et c'est le problème récurrent chez Bay (Bad Boys 2, Pearl Harbor), qui digresse et en rajoute par pêché d'excès. On en ressort sonné, et à la fois intrigué par cette surenchère pyromane n'appartenant qu'à lui et qui ici révèle peut-être plus que jamais son cinéma : l'histoire, pur prétexte, autorise le développement justifié d'une série de motifs et de figures vidés de sens. Quoiqu'on note un progrès depuis le précédent, plus brouillon (Bay gère mieux les échelles et les robots en mouvements), le film fascine moins par l'ampleur titanesque des scènes d'action, que cette volonté à humaniser ou animaliser ces jouets par les moyens du cinéma. Ceux-ci ne sont pas intelligents, ils ne réclament qu'à créer des images impossibles et abolir toutes les lois : tel ce combat au sommet d'une pyramide entre un robot gigantesque fait d'un conglomérat de machines, et une légion de militaires et autres transformers, le tout dans un déchaînement de métal, poussières, pierres et explosions où l'humain semble dérisoire. Parfaitement cohérent avec lui-même, parfois impressionnant, Transformers 2 est aussi trop grand, il domine, au risque de l'indifférence ou la saturation. Ses images tiennent à presque plus rien : des figures ultra détaillées mais quasi abstraites, un chaos sonore, et à la fin un baiser sans sentiments, malgré l'investissement de Megan.

Transformers 2 : La Revanche
De Michael Bay
Avec : Shia LaBeouf, Megan Fox, John Turturro
Sortie en salles le 24 juin 2009

Illus © Paramount Pictures France

 

Jérôme Dittmar

 

Le 23 June 2009
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