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Arrivés à un tel degré de liberté et de confiance artistique, Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To s’offrent un film comme on se fait un week end entre potes au coin du feu. Le jeu prend ici la forme du cadavre exquis : à Tsui Hark d’entamer un récit qui multiplie les pistes, les personnages et les indices. Ringo Lam reprend la main et clarifie un peu les choses, tout en introduisant une touche de fantastique et de fantômes. Enfin, Johnnie To s’offre un final comme il les affectionne tant : un pur jeu de lignes géométriques fascinantes et virtuoses. Passé le plaisir de retrouver comme en condensé l’univers de chacun des cinéastes dans chacune des parties, très nettement découpées, Triangle apparaît surtout comme une fantaisie modeste, un cadeau offert aux fans du cinéma de Hong Kong.
Si l’on peut être déstabilisé par l’aspect désinvolte du récit, plié, découpé et manipulé à souhait, rendant parfois tout cela fort difficile à suivre, Triangle déborde surtout d’une passion du jeu qui emporte le morceau. On retrouve ainsi toutes les scènes attendues d’un polar de Hong kong, tous les acteurs récurrents, toutes les poses, mais comme délestés de toute profondeur, purs pantins dont les ficelles sont tirées d’un même geste par les trois cinéastes et par l’œil averti du spectateur. Déconseillé aux néophytes quand même, Triangle est un peu le Rubik's Cube filmique de ce début d’année.
Triangle
De Tsui Hark, Ringo Lam et Johnnie To
Avec Louis Koo, Simon Yam, Honglei Sun
Sortie en salles le 16 janvier 2008

Illus. © Wild Side
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