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Junon (Catherine Deneuve) est atteinte d'une leucémie. Une greffe de moelle, donnée par un de ses descendants, est la seule manière de la sauver. Ceux-ci se retrouvent pour Noël, seul moment de l'année où cette famille dysfonctionnelle, irriguée par de vieilles haines et un traumatisme originel, peut se rassembler.
Ce Conte de Noël qui réunit une sacrée brochette de comédiens (Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud, Hyppolyte Girardot...etc) reste donc dans la lignée.
On peut s'agacer de cette répétition symbolisée par la présence d'un certain Paul Dédalus, déjà croisé sous les traits d'Amalric dans Comment je me suis disputé... . Un nom qui dit beaucoup de ce cinéma tortueux, pas toujours modeste, dans lequel il est aisé de se perdre. Chaque personnage paraît d'ailleurs avoir été créé indépendamment des autres et constituer une entité autonome qui accentue la froideur de ce Conte de Noël. Pourtant, à force d'empiler une couche sur une couche sur une couche..., voilà que la tonalité change de façon inattendue et que l'émotion surgit à l'improviste. Desplechin parvient à obtenir des moments de grâce étonnants par cette sorte d'empilement de strates complexes. Et s'il y a des longueurs, elles sont plutôt concentrées au début ; le temps que s'installe une histoire dense, paradoxalement pleine de non-dits.
Enfin, il y a surtout une violence verbale assez inouïe bien que totalement dépassionnée. En effet, des parents qui n'aiment pas leur progéniture et leur disent, c'est assez rare et ça donne l'occasion à Mathieu Amalric de composer l'un des plus beaux et touchants salopards que l'on ait vu depuis longtemps... à moins que ce ne soit les autres, les salauds. Un personnage vraiment jouissif tant il ose et se permet d'en mettre plein la gueule à sa famille, de prononcer des mots absolument tabous à l'encontre de ses géniteurs. Ne serait-ce que pour lui, le nouveau Desplechin vaut le déplacement.
Un Conte de Noël
De Arnaud Desplechin
Avec Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Mathieu Amalric, Melvil Poupaud, Hyppolite Girardot
Sortie en salles le 21 mai 2008

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