Vivre et laisser mourir de Guy Hamilton


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La vodka martini au shaker



Sean Connery ayant quitté l'aventure, la série peut enfin tenter un nouveau virage. Ce tournant, amorcé plus tôt avec Les Diamants sont éternels, consiste d'abord à trouver un écrin adapté au nouvel acteur, Roger Moore, puis à parfaire la grande opération de séduction du public américain.

Pour cela et très explicitement, la série va jouer avec son temps jusqu'à faire dans la citation. Par son contexte d'abord, en situant le début de Vivre et laisser mourir à New York, dans un Harlem peuplé de personnages sortis d'un film de blaxploitation (genre de l'époque). Puis, et toujours dans la continuité de cette nouvelle «black culture», par l'implication du folklore vaudou. Le tout achevé par un personnage de shérif à l'accent redneck, quelques poursuites nerveuses, un humour permanent et plus léger que celui de Sean Connery, sur fond de trafic de drogues et de dictateur afro-américain très ancré dans son époque. Autre tournant majeur dans la redéfinition du personnage - outre son interprétation moins cynique et plus parodique ou son allure - qui court jusqu'à aujourd'hui : désormais Bond ne boit plus sa vodka martini à la cuillère mais au shaker. Les seventies sont là, faut que ça bouge.

Vivre et laisser mourir (Live and Let Die) 1973
De Guy Hamilton
Avec : Roger Moore, Jane Seymour, Yaphet Kotto, Geoffrey Holder, Bernard Lee

Jérôme Dittmar Le 28 janvier 2008
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