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Le fantôme d'une mère morte depuis quelques années revient dans les vies déjà torturées de ses filles et petite fille. Déclenchant drame, doute, révélations, et toute la palette des émotions qu'il est possible de faire passer à l'écran.

La mort est un des personnages principaux de Volver et les premières images, magnifiques, donnent le ton d'un récit qui n'est pourtant jamais morbide. Des dizaines de femmes, veuves ou orphelines, s'affairent dans un cimetière sur les tombes des maris, pères et grand-pères, parfois sur leur propre caveau - ça fait partie des traditions dans cette région de l'Espagne paraît-il. Elles les astiquent plutôt gaiement, bavardant et s'embrassant, bougeant comme des abeilles aux abords de leur ruche. Ce rapport dédramatisé à la mort étonne d'ailleurs et permet à une histoire hantée par la mort de rester malgré tout optimiste.
Après La mauvaise éducation, Almodóvar renoue donc avec les femmes, exclusivement des femmes. Les hommes ne font que passer brièvement dans leur vie, souvent pour le pire. Ces figures féminines qu'aime filmer le cinéaste espagnol sont

Comme dans Parle avec elle, Almodóvar prouve son talent de conteur d'histoire, avec un humour sombre et poétique, s'éloignant un peu du fantasque baroque de ses débuts. Il ne délaisse pas son obsession esthétisante en revanche, les couleurs, les objets et les costumes kitchs, et une photo absolument magnifique. Il a d'ailleurs le don de montrer la beauté des femmes à l'écran, alors même qu'il ne fait rien pour les embellir : elles sont mal fagotées, pleurent, hurlent et se mouchent, mais elles sont vivantes.
Le thème du retour implique la nostalgie : pour revenir il faut d'abord être parti, et si l'on revient c'est qu'on a quelque chose du passé à régler. La musique, et notamment un vieux tango de Carlos Gardel réactualisé, porte cette humeur du début à la fin. Mais le retour implique aussi un grand optimisme, celui de pouvoir revenir et réparer, et de ne pas se laisser arrêter par cette ligne censément infranchissable , la mort. Même sans être croyant, Almodóvar nous dit qu'on peut toujours revenir à la vie.
Volver de Pedro Almodóvar

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