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Attention, le nouveau film de banlieue est né. Serge Meynard a apparemment voulu se démarquer de ses prédécesseurs Kassovitz ou Richet.
A commencer par l'histoire : une jeune bourge de Versailles est amoureuse de son amant, un homme plus âgé qu'elle. Il la plaque, mais elle décide de se venger. Elle se rend chez lui et décide de lui pourrir la vie. Il habite dans une banlieue difficile (dans le neuf-trois) alors elle demande de l'aide à deux voisines de cet homme, deux autochtones qui connaissent bien ce monde nouveau… Le réalisateur insiste lourdement sur la haine entre les banlieues Est et Ouest de la capitale. Cependant, ces guerres fratricides, si elles étaient d'actualité, ne le sont plus du tout aujourd'hui. Ce point de détail vous semble peut-être insignifiant, il est pourtant symptomatique de tout ce qui est détestable dans ce film. Ce conflit du type guerre des boutons que livre les personnages (charmantes Olivia Bonamy, Audrey Tautou et Axelle Ade-Pasdeloup) contre les habitants bourgeois du 92, n'est qu'anecdotique dans le film, et, sert en fait à recréer une ambiance américaine jeune gangster, East coast contre West coast, absolument insupportable. C'est très mal senti de la part de Serge Meynard et complètement indigeste.
Je ne sais pas si Voyous voyelles est officiellement revendiqué comme film de banlieue nouvelle vague (les relations qu'entretiennent les filles avec les hommes/pères et la trame narrative du film vont, fort heureusement, à l'encontre de cette idée), mais son côté miroir social est complètement raté, comme pour La Haine, Raï ou Ma 6 T va cracker. Le film de banlieue n'est pas un genre cinématographique car il n'existe pas. Filmer un jeune qui tourne sur la tête ou un arabe qui pique un sac fait vendre comme un bon coup de pub, ça n'a par contre jamais refléter une réalité où reconstituer un univers. En cela, nous ne pouvons qu'évoquer avec nostalgie le seul coup d'éclat du genre, Etat des lieux (Jean-François Richet). Même sans le vouloir, Voyous voyelles aura fournit sa pierre à cet édifice qui manque chaque instant de se casser la gueule.
Voyous, voyelles
Réalisé par
France, 1999
Durée 1h35
Avec Olivia Bonamy, Audrey Tautou, Axelle Ade-Pasdeloup
Sortie salle France 9 février 2000