Gavin O'Connor est un auteur, producteur et réalisateur encore peu connu, mais qui tranquillement creuse son sillon avec des œuvres promises à s'installer dans le paysage cinématographique international. D'origine irlandaise mais né à Long Island aux USA, où il a grandit, il fait ses débuts au cinéma en produisant et en écrivant le scénario de
The Bet (1992), un court métrage de Ted Demme, qu'il retrouvera devant la caméra pour son premier long-métrage
Who's the Man (1993). O'Connor passe à la réalisation en 1994 avec le court métrage
American Standoff, diffusé sur PBS (une chaîne diffusant des films indépendants, entre autres) et différents programmes à l'étranger. L'année suivante, il tourne son premier long métrage
Comfortably Numb (1995), un film à petit budget autour d'un jeune avocat plongeant dans un monde de sexe et de corruption après avoir rencontré une prostituée junkie. Hélas, malgré une présentation dans différents festivals ou marchés du film, il ne trouve pas preneur et n'aura jamais les faveurs d'une sortie en salles ou en vidéo. O'Connor se rabat alors un temps sur les planches : il produit, écrit et joue dans une pièce Off-Broadway,
Rumblings of Romance Renaissance. L'expérience est salvatrice, l'auteur apprend à mieux connaître les acteurs.
En 1999 O'Connor signe son deuxième long métrage, le remarqué
Libres comme le vent, nominé aux Oscars, récompensé à Sundance et lauréat d'un Golden Globes pour son actrice principale Janet McTeer. Inspiré des mémoires d'Angela Shetlon, bientôt super star aux States et alors épouse du cinéaste (un mariage express), le film raconte l'histoire d'une jeune fille parcourant les routes d'Amérique avec sa mère passant d'un mari à l'autre. Le réalisateur, issu lui-même de parents divorcés, se retrouve dans cette histoire et en co-écrit le scénario. Premier film d'O'Connor à connaître une distribution internationale,
Libres comme le vent rencontre un bel accueil en France, la critique soulignant combien le cinéma indépendant peut encore faire souffler un vrai vent de liberté et de talent. On loue sa modestie, son sentimentalisme mesuré, les qualités de son actrice et du scénario, l'auteur est enfin lancé. On le retrouvera deux ans plus tard à la télévision, dans le téléfilm
Murphy's Dozen (2001), puis à la production des documentaires
Mule Skinner Blues et
The Smaing Machine (2002) ou encore du film indépendant
The Slaughter Rule (Smith, Id), avec
Ryan Gosling et David Morse.
O'Connor revient au grand écran en 2004 avec un film de commande Disney dont il n'est pas l'auteur,
Miracle avec
Kurt Russell. L'histoire raconte comment Herb Brooks (Russell), coach de l'équipe de hockey américaine durant les J.O de 1980, a su mener son équipe en finale face à l'Union Soviétique et remporter la médaille d'or - alors que les Russes étaient réputés imbattables. Avec cette guerre froide sur glace a priori casse gueule, O'Connor tire son épingle du jeu en prenant soin de creuser avec finesse ses personnages. Il fait la part belle à l'émotion sans sombrer dans la démagogie ni la mièvrerie, son film transcende le genre et se pose comme une belle lecture de l'histoire, vibrante pour l'Amérique, et éloignée des productions Disney consensuelles. Le film remporte un joli succès aux Etats-Unis mais sera distribué en France en vidéo. La même année, O'Connor participe à la série
Clubouse, enchaîne sur le téléfilm
The Prince (2006), autour d'un gosse vivant à Manhattan, puis en 2008 aborde un nouvel univers avec
Le Prix de la loyauté, une histoire de famille et de corruption au sein de la police new-yorkaise. Le film est coécrit par
Joe Carnahan et interprété par
Colin Farrell et
Edward Norton. Gavin O'Connor travaillerait enfin sur
Born to Rock, la rencontre entre un fils et son père star d'un groupe de punk en plein revival ; on l'annonce également sur
Warriors, l'histoire de deux frères combattants dans un tournoi d'arts martiaux.