Gilbert Melki est passé en un claquement de doigt de l'acteur caricatural pour comédie populaire au comédien trans-genre doué d'une sensibilité et d'une finesse de chaque instant. Drôle et charmant, grave et émouvant, il gravite en apesanteur sur le cinéma français. Avant d'être l'une de ses stars les plus attachantes, Gilbert Melki suit une formation d'ébéniste sur les conseils de son père, antiquaire, mais abandonne pour se diriger vers une carrière de comédien. Il multiplie alors les cours de théâtre, puis craignant de ne pouvoir s'insérer dans le milieu pour lequel il éprouve une certaine aversion, il prend ses distances et part vivre en Italie durant plusieurs années. Il revient à ses premiers amours dans les années 90 et explose en 1997 dans
La Vérité si je mens ! (
Thomas Gilou), comédie pieds-noirs dans laquelle il interprète un baratineur vulgaire et exubérant. Le succès du film lui permettra de reprendre son personnage dans une suite,
La Vérité si je Mens ! 2 (Id, 2001) et de collaborer entre temps avec
Thomas Gilou sur une autre comédie
Chili Con Carne (1999). Enchaînant alors les comédies en tous genres,
La Patinoire (Jean-Philippe Toussait, 1998),
Monsieur Naphtali (Olivier Schatzky, Id),
Reines d'un jour (Marion Vernoux, 2001) il joue par deux fois pour Tonie Marshall :
Vénus Beauté (Institut) (1999) et
Au plus près du paradis (2002), dans laquelle il est l'amant de Catherine Deneuve. Amoureux idéal et délicieusement viril, l'œil pétillant comme une bulle de champagne pleine de malice, il sait aussi se diversifier et le prouve en 2002 avec son rôle de flic marié à une toxicomane dans la trilogie multi genres de
Lucas Belvaux,
Cavale,
Après la vie et
Un couple épatant.
Après cette incursion dans le cinéma d'auteur, les plus célèbres réalisateurs français vont alors faire appel à lui :
Patrice Leconte dans
Confidences trop intimes (2004),
André Téchiné pour
Les temps qui changent (Id),
Luc Besson avec
Angel-A (2005). Hilarant en homo père de famille et marié dans le pourtant poussif
Valérie Lemercier dans son
Palais Royal ! (Id), il est l'acteur favori des réalisatrices, comme en témoignent
Ça brûle de
Claire Simon (2006),
La Promenade, court-métrage de
Marina De Van (2007), et
Très bien, merci d'Emmanuelle Cuau (Id), où il excelle en monsieur tout le monde pris dans les rouages inhumains et délirants de l'administration aux côtés de
Sandrine Kiberlain. Chef d'entreprise intimidant pour le film militant de
Lucas Belvaux,
La Raison du plus faible (2006), il est ensuite harcelé par une
Isabelle Carré névrosée et raide dingue de lui dans
Anna M (
Michel Spinosa, 2007). Héros de Benoît Poolevorde chez
Benoît Mariage dans la comédie
Cow boy (Id), il s'essaye également au polar : d'auteur confidentiel dans le glacé et melvillien
Le Tueur de Cédric Anger (Id), puis pour
Alain Corneau dans
Le Deuxième souffle (Id). En 2008 il retrouve deux amours, la comédie et l'Italie dans
Made in Italy (Stéphane Gusti), un film décérébré qui échoue sur tous les plans - reste le charme de l'acteur, à peine. Il est enfin le fidèle compagnon de
Tomer Sisley dans l'adaptation de la B.D
Largo Winch (Jérôme Salles, Id), et tourne dans
Complices (Frédéric Mermoud, Id), un polar où il fait équipe avec
Emmanuelle Devos.