Gong Li est probablement l'actrice chinoise la plus populaire et connue en occident. Née en Chine continentale, elle fait des études de théâtre à l'Académie dramatique de Pékin, dont elle ressort diplômée en 1989. Avant même d'avoir terminé ses études,
Zhang Yimou, jeune réalisateur issu de ce qu'on appellera la cinquième génération, lui offre le rôle principal de son premier film,
Le Sorgho rouge (1987), qui remporte l'Ours d'or à Berlin. A 22 ans la comédienne devient alors la muse du réalisateur avec qui elle entretiendra longtemps une relation extra conjugale (lui étant marié). Ensemble ils tourneront :
Operation Cougar (
Zhang Yimou / Fengliang Yang, 1989),
Ju Dou (Id, 1990), et surtout
Epouses et Concubines (1991),
Qiu Ju, une femme chinoise (1992),
Vivre (1994) et
Shanghai Triad (1995), qui tous la rendent célèbre en occident et font d'elle l'une des stars chinoises les plus populaires dans son pays. D'une beauté exceptionnelle, proche de la perfection, elle incarnera tour à tour des rôles d'épouse soumise ou révoltée, de paysanne ou de chanteuse de cabaret, apportant à chaque fois à ses rôles une puissance dramatique hors du commun. Leurs films remporteront de nombreux prix internationaux aussi bien à Cannes qu'à Venise.
Elle est également inoubliable chez Chen Kaige, autre cinéaste de la cinquième génération, dans
Adieu ma Concubine (1993), où elle forme un duo émouvant avec le regretté Leslie Cheung, ainsi que dans le plus académique
L'Empereur et l'assassin (1999). Tournant peu, à comparer de ses confrères hongkongais, elle rejoint le casting et le tournage à rallonge de
Wong Kar-Wai pour
2046 (2004), où elle tombe dans les bras de l'acteur le plus glamour de tous les temps, Tony Leung Chiu Wai. A 39 ans, elle est alors d'une beauté encore plus phénoménale, elle est cosmique, hors du temps, d'une sensualité réfléchie digne d'une impératrice. Après un passage dans le segment de
Wong Kar-Wai pour
Eros (Id), elle entame une carrière américaine avec
Mémoires d'une geisha (Rob Marshall, 2005), interprétation très Broadway du best seller éponyme d'Arthur Golden, où, hérésie, elle joue une japonaise. L'année suivante, secrétaire et maîtresse d'un trafiquant de drogue, elle tombe amoureuse de
Colin Farrell dans
Miami vice (
Michael Mann, 2006). Si le rôle paraitra plus mineur ou moins évident que ceux pour
Zhang Yimou, elle offre peut-être la plus belle prestation de toute sa carrière.
L'actrice n'a alors jamais été aussi sublime, on lui découvre un naturel inédit. Femme de tête confrontée à un monde aux frontières mouvantes et au simulacre, elle créée avec
Colin Farrell le plus beau couple du cinéma hollywoodien de ces vingt dernières années. Quelques regards d'abandon, une poignée de gestes fébriles et hésitants, suffisent à définir son personnage avec une grâce invraisemblable, à faire naître une émotion où la pudeur et l'amour se donnent avec une élégance et une précision à pleurer. Elle est un oasis sentimental, la femme idéale, un ange impossible, l'objet romantique absolu et réel d'un monde abstrait. Sa scène d'adieu durant le final du film laissera une empreinte d'une beauté inouïe et inestimable, de celle qui vous suivra jusque sur votre lit de mort. De retour en Chine devant la caméra de
Zhang Yimou pour le controversé
La Cité Interdite (Id), elle s'égare ensuite dans
Hannibal Lecter : les origines du mal (
Peter Webber, 2007). Elle est enfin à l'affiche de
Shanghai (Mikael Hafström, 2008), un film historique sur l'histoire d'un américain expatrié à Shanghai quelques mois avant l'attaque sur Pearl Harbor. Elle y côtoie
Chow Yun-Fat et
John Cusack.