C'est presque une histoire américaine, celle d'un réalisateur sortant un peu de nulle part, sans grand succès derrière lui, et qui en un film devient le roi du pétrole à Hollywood, un multimillionnaire. Cet homme existe, c'est Gore Verbinski, qui avec
Pirates des Caraïbes et ses suites est devenu probablement l'un des cinéastes les plus jeunes et riches du cinéma américain. Avant d'en arriver là, Verbinski naît dans le Tennessee d'un père aux origines polonaises. Déménageant avec sa famille, il s'installe dans le sud de la Californie où il passera son enfance et toute sa jeunesse. Après des études de cinéma à la UCLA Film School et avoir participé à différents groupes de musique, il se lance dans la réalisation en tournant divers clips qui passeront en boucle sur MTV. Il a ainsi entre autres travaillé pour le groupe punk rock californien
Bad Religion sur des morceaux comme « American Jesus », « 21st Century Digital Boy » et « Stranger Than Fiction », qui tous mettent en scène un univers visuel composite aux couleurs chaleureuses avec quelques réminiscences surréalistes ou symboliques. Il se fait connaître également dans la publicité en tournant des spots récompensés pour Nike, Coca-Cola et Skitlles, avant de passer enfin au long métrage en 1997 avec
La Souris, une comédie familiale.
Quatre ans plus tard il signe
Le Mexicain (2001), film romantique avec des flingues pour
Brad Pitt et
Julia Roberts, puis il enchaîne sur un remake customisé de
The Ring (2002), le film de fantômes japonais moderne d'
Hideo Nakata. Avec une photo du chef opérateur doué Bojan Bazelli, le film acquière une texture singulière de toute beauté palliant ses faiblesses. Après ce succès en salles, Verbinski est casté par le producteur
Jerry Bruckheimer qui lui confie la direction de
Pirates des Caraïbes (2003) : le film explose les compteurs du box office, et ses suites,
Le secret du coffre maudit (2006) et
Jusqu'au bout du monde (2007) battent des records d'affluence. La saga retrouve la saveur des serials d'antan, le souffle d'un grand film d'aventure dans un esprit BD, bourré d'humour, d'action et d'effets spéciaux dernier cri à tomber par terre. La mise en scène manque parfois un peu de rythme, mais elle assume largement les moyens mis à sa disposition, qui sont ni plus ni moins pharaoniques. Entre le premier et le second épisode, Verbinski tourne également
The Weather Man (2005), l'histoire d'un présentateur météo joué par
Nicolas Cage souhaitant se réconcilier avec sa femme et ses proches. Verbinski est enfin attendu sur une adaptation du jeu vidéo
Bioshock.