Greg Kinnear se découvre une passion pour le monde du spectacle dès son adolescence. En raison de la profession de son père, diplomate pour le Département d'Etat Américain, il déménage à de nombreuses reprises, notamment au Liban et en Grèce. C'est précisément à Athènes, lors de ses études secondaires, qu'il décide de créer sa propre émission de radio,
School Daze With Greg Kinnear, diffusée dans l'enceinte scolaire. De retour aux Etats-Unis, il intègre l'Université d'Arizona, à Tucson afin de suivre des cours de journalisme radiophonique. En 1985, son diplôme en poche, il s'installe à Los Angeles et travaille d'abord comme assistant marketing pour la société de production Empire Entertainment avant de rejoindre la chaîne MTV en tant que reporter.
Parallèlement, il fait ses débuts en tant qu'acteur en apparaissant dans quelques téléfilms et séries dès 1989. L'année suivante, il produit et présente
Best of the Worst, un show comique qui le fait connaître du grand public et lui permet d'enchaîner avec le parodique
Talk Soup, au succès grandissant. En 1994, propulsé star de l'écran cathodique, Kinnear rejoint NBC qui lui propose d'animer
Later with Greg Kinnear. Fonction qu'il incarnera, non sans malice, la même année dans la comédie
Blankman (1994) de Mike Bender. A l'arrêt de son talk- show en 1996, le présentateur s'est d'ors et déjà mué en acteur. Il est en effet parvenu à décrocher un des rôles principaux de
Sabrina (Sidney Pollack, 1995), remake du merveilleux film romantique de
Billy Wilder, reprenant ainsi, face à
Harrison Ford, le rôle du jeune frère interprété autrefois par William Holden.
Dès lors, son allure dynamique et son physique aimable vont faire merveille dans le registre sentimental, souvent à tendance humoristique, à l'image de
Cher Bon Dieu (Gary Marshall, 1996),
Un Sourire comme le tien (Keith Sample, 1997),
Vous avez un message (Nora Ephron, 1998) ou
Attraction animale (Tony Goldwyn, 2001). Révélé véritablement dans la comédie dramatique
Pour le pire et pour le meilleur (James L. Brooks, 1997) où il joue le voisin gay du cynique
Jack Nicholson, Kinnear prouve qu'il est aussi capable de compositions toute en nuances. Ce que ne manqueront pas de noter l'Académie des Oscars et l'Association Hollywoodienne de la Presse Etrangère qui lui attribue un Golden Globe. Parfaitement à l'aise dans des univers volontiers loufoques, il enfile par la suite le costume de Captain Amazing dans
Mystery Men (Kinka Usher, 1999) et profite des lubies de Renee Zellwegger dans le plaisant
Nurse Betty (
Neil LaBute, 2000), avant d'être le frère siamois et aspirant acteur porno, de
Matt Damon dans la franche rigolade qu'est
Deux en un (2003) des frères Farelly.
En 2000, le rôle secondaire que lui confie
Sam Raimi dans son thriller paranormal
Intuitions marque un tournant dans sa carrière en ce qu'il lui permet enfin de composer un personnage sombre et manipulateur. Conscient de l'ambiguïté que peuvent avoir les airs charmeurs de Kinnear,
Paul Schrader décide alors de lui confier le rôle de Bob Crane, héros de la série
Papa Schultz à l'écran, et obsédé sexuel à la ville, dans son biopic
Auto Focus (2002). A la fois fragile et inquiétant, il y livre sans conteste sa meilleure prestation dramatique, solidement épaulé, il est vrai, par
Willem Dafoe. N'hésitant plus à jouer de sa vulnérabilité ou de sa maladresse, l'acteur enchaîne ensuite
The Matador (Richard Shepard, 2005) où il doit supporter un
Pierce Brosnan en tueur à gages dépressif, et
Little Miss Sunshine (Valérie Faris), carton indépendant de l'année 2006, avec l'excellent
Steve Carell. Tout en répondant présent auprès de
Richard Linklater pour sa comédie sportive
Une équipe d'enfer ( (2005) et son brûlot anti-consumériste
Fast Food Nation (2006).