Guy Maddin



Guy Maddin Nationalité : canadienne
Naissance : 28 February 1956 à Winnipeg (Canada)
Age : 53 ans
Métier : Réalisateur
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Etrange, poétique, cruel, délirant... le cinéma de Guy Maddin est une expérience qui ne saurait laisser indifférent. Depuis sa petite ville de Winnipeg, au cœur du Canada, le cinéaste a su inventer un style, un univers cinématographique totalement nouveau, bien que hanté par le passé.

Pourtant, rien ne prédisposait Guy Maddin, né en 1956, à passer derrière la caméra. C'est à 30 ans, après avoir vécu de différentes activités, comme par exemple peintre en bâtiment, qu'il décide de réaliser un premier court-métrage : The dead father (Le père mort - 1988). Il enchaîne rapidement avec un long, Tales from the Grimli Hospital, film dont l'esthétique noir et blanc se réfère directement au cinéma muet. Avec ses histoires qui ressemblent à des contes de fée tordus et trash, un onirisme surréaliste et volontiers hystérique et un goût prononcé pour les mystères, les films de Maddin deviennent vite le secret le mieux gardé des cinéphiles du monde entier, qui le découvrent dans des festivals pointus. Avec fort peu de moyens, Maddin développe en quelques films ses thématiques liées à la famille, aux pulsions sexuelles et aux souvenirs. L'amnésie est ainsi un facteur récurrent chez ses personnages (le colonel de Archangel, le personnage principal de Des trous dans la tête !, nommé... Guy Maddin).

Entièrement sonorisé en post synchronisation (les bruitages tiennent un rôle à part entière dans ses films), les images en noir et blanc vibrantes nous renvoient aux origines du cinéma. Et pourtant, et c'est ce qui en fait sa modernité, ce cinéma est teinté d'un humour noir et cruel, et d'un goût prononcé pour la métaphore sexuelle (l'hilarant court métrage homo-érotique Sissi boy slap party, le saphisme de Des trous dans la tête). La musique tient aussi un rôle majeur, particulièrement dans son adaptation de Dracula par le ballet de Winnipeg.

Depuis 2003 et The Saddest Music in the World, Maddin s'est trouvé une alliée fidèle en la personne d'Isabella Rossellini, qui interprétait dans ce film rien moins qu'une femme amputée des deux jambes. Elle assure ensuite la narration du film Des Trous dans la tête. Dans cet univers d'homme-enfants et de femmes fortes voire castratrices, Rossellini est une sorte de figure tutélaire idéalisée.

Avec tous ses symboles et ses scènes oniriques, le cinéma de Maddin se place définitivement du côté du rêve. En une poignée de films magistraux, Guy Maddin s'est imposé comme le cinéaste le plus barré du Canada, et peut-être bien du monde entier.

 

 

 

 

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