Guy Pearce : acteur de second plan néanmoins charismatique, il s'est fait connaître par ses rôles dans
Priscilla, folle du désert,
L.A. Confidential et
Memento. Né en Angleterre d'une mère institutrice et d'un père néo-zélandais pilote dans l'armée, Guy immigre en Australie avec sa famille alors qu'il est âgé de trois ans. Après le décès de son père l'année de ses neuf ans, il se dirige vers le métier d'acteur et intègre brièvement le casting de la série
Neighbours en 1986. Il fait ses débuts au cinéma quatre ans plus tard avec le thriller
Friday on My Mind (Frank Howson, 1990) et le musical
Heaven Tonight (Pino Amenta, Id). Il revient ensuite à la télévision avec les séries
Home and Away (1991/1992), autour du quotidien des habitants d'une petite ville d'Australie, et
Snowy River (1994/1995), une série à l'ambiance western où il joue Rob McGregor durant 16 épisodes. En 1994, son rôle de drag queen dans
Priscilla, folle du désert (Stephan Elliott) le rend mondialement célèbre et lui permet désormais d'obtenir des rôles plus importants :
Dating the Enemy (Megan Simpson Huberman, 1996),
Flynn (Frank Howson, 1997), un biopic du controversé Errol Flynn avant qu'il ne devienne un star à Hollywood. Auquel il accède enfin en 1997 avec
L.A. Confidential (
Curtis Hanson), son premier film américain. Cette adaptation de
James Ellroy où il joue aux côtés de
Russell Crowe et
Kevin Spacey fait connaître son visage au grand public.
Toutefois si
L.A. Confidential lui ouvre les portes des studios américains, la route est encore longue et difficile avant de pouvoir s'imposer. Ainsi enchaîne-t-il sur quelques films indépendants inédits comme
Woundings (Roberta Hanley, 1998) et
A Slipping-Down Life (Toni Kalem, 1999) ou le film d'horreur de série B
Vorace (Antonia Bird, Id) avec
Robert Carlyle et
David Arquette. Après avoir rejoint l'équipe de
L'Enfer du devoir de
William Friedkin (2000), un film limite et controversé souvent considéré comme le pire de toute la carrière du réalisateur, Guy se fait remarquer dans un autre petit film indépendant, tourné par un cinéaste alors peu connu,
Memento de
Christopher Nolan (le futur auteur de
Dark Night). Dans ce thriller conceptuel raconté à l'envers (de la fin au début), l'acteur incarne un personnage doté d'une mémoire à très court terme. Noyé de notes, de photographies, de tatouages, il nage en pleine quête d'identité sur fond de machination criminelle et autre manipulation psychologique. Le film, quoique roublard, fait rapidement sensation, il devient culte pour toute une génération de cinéphiles jeunes ou moins jeunes, reçoit une avalanche de prix internationaux, ainsi que deux nominations aux Oscars. Hélas, malgré ce succès, Guy passe deux années sans travailler et ne revient sur les écrans que pour deux adaptations sans grandes ambitions : l'inégal mais pas inintéressant
La Vengeance de Monte Christo (Kevin Reynolds) et le blockbuster indigeste
La Machine à explorer le temps (Simon Wells, Id).
La route de Pearce
Acteur intercontinental, Guy n'hésite pas à naviguer entre les USA et l'Australie, où en 2002 toujours, il tourne
The Hard Word (Scott Roberts), un thriller inédit chez nous mais remarqué dans son pays, et
Till Human Voices Wake Us (Michael Petroni, Id) avec
Helena Bonham Carter, une histoire d'amour sur fond de mystère et disparition. Passeront deux autres années sans tournage avant qu'il accepte de jouer pour
Jean-Jacques Annaud dans son anthropomorphique
Deux frères (2004). Par la suite, Guy restera fidèle au cinéma indépendant d'où il a émergé : le western australien
The Proposition (John Hillcoat, 2005) écrit par l'auteur compositeur
Nick Cave et présenté à Venise ; le thriller américain
First Snow (Mark Fergus, 2006) ;
Factory Girl (George Hickenlooper, Id) ou la rencontre entre Edie Sedgwick et Andy Warhol qu'il interprète sans vraiment convaincre ;
Death Defying Acts (Gillian Amstrong, 2007) dans lequel il joue le célèbre magicien Harry Houdini aux côtés de Catherine Zeta Jones ;
Winged Creatures (Rowan Woods, 2008), un film choral autour d'un groupe de survivants d'une fusillade à Los Angeles.
En 2008 enfin il devient agent du FBI aux côtés de
Don Cheadle en terroriste dans le remarqué
Trahison (Jeffrey Nachmanoff) ; puis Hollywood toujours, il est l'un des héros de
The Hurt Locker de
Kathryn Bigelow. Présenté à Venise, ce film de guerre sur les forces spéciales chargées de désamorcer les bombes dans les quartiers civils en Irak, fait sensation lors de sa présentation au festival et remporte plusieurs prix. Guy Pearce est enfin attendu dans l'adaptation du best seller de Cornac McCarthy,
The Road (John Hillcoat, 2009), avec
Viggo Mortensen,
Charlize Theron et
Robert Duvall ;
In Her Skin (Simone North, 2008), un thriller australien avec
Sam Neill autour de l'enlèvement et du meurtre d'une adolescente ; et
Bedtime Stories (
Adam Shankman, 2008), une comédie familiale fantastique avec
Adam Sandler et
Courteney Cox. Beau, talentueux et exigeant malgré quelques écarts dans des productions où il ne méritait pas de prêter ses services, Guy Pearce compte parmi ces acteurs au charme viril mais fragile. Il possède un charisme naturel, quelque chose d'encore sauvage contrastant un visage de cover boy l'éloignant ainsi des clichés. Il dégage une forme de féminité secrète gommant un faux côté beau gosse sans aspérités. Une sorte de Brad Pitt raté et inquiet mélangé à un Willem Dafoe ou Kevin Bacon.