Helena Bonham Carter est sans conteste une actrice singulière et passionnée, capable de susciter selon la sensibilité de chacun une intense émotion ou la plus profonde exaspération. Née dans le quartier de Golders Green à Londres, elle est issue d'une vieille famille aristocratique respectée pour son engagement politique auprès des libéraux. Durant ses jeunes années, elle fréquente la prestigieuse école de Westminster avant de se lancer dans l'actorat à l'âge de treize ans. Suite à une prime gagnée à un concours de poésie, elle fait paraître sa photographie dans un répertoire de comédiens. Une initiative précoce qui lui permettra de décrocher un premier contrat publicitaire, puis un rôle dans le téléfilm
A Pattern of Roses (1983) quatre ans plus tard.
En 1985, elle fait une rencontre décisive en la personne de James Ivory. Ce dernier lui offre l'un des rôles-titres de
Chambre avec vue, où elle a l'honneur de travailler avec deux grandes dames du théâtre britannique,
Judi Dench et
Maggie Smith. Son interprétation remarquée d'une jeune héroïne victorienne hésitant entre deux hommes lance sa carrière et scelle par la même occasion sa collaboration avec le cinéaste, qui fera de nouveau appel à elle pour
Maurice (1987) et
Retour à Howard Ends (1992), deux nouveaux drames sentimentaux, adaptés comme le précédent, des magnifiques romans d'Edward Morgan Forster. Sa beauté diaphane et délicate la porte alors naturellement vers des films en costumes, souvent à tonalité historique ou tragique, à l'image de
Lady Jane (Trevor Nunn, 1986),
Francesco (Lilina Cavani, 1989), avec
Mickey Rourke en Saint François d'Assise,
Hamlet (Franco Zeffirelli, 1990) ou le
Frankenstein (1994) de
Kenneth Branagh dont elle est devenue l'amie intime.
Toutefois, en participant en parallèle à de nombreux téléfilms et séries en tous genres (
Miami Vice, Absolutely Fabulous), l'actrice cherche progressivement à fissurer le classicisme de son image. Au cinéma, ce désir transparaît d'abord par ses participations à l'irrésistible
Maudite Aphrodite (1995) de
Woody Allen et à la production française,
Portraits chinois (Martine Dugowson, 1996). Même si, par la suite, elle ne résiste pas à la proposition de Trevor Nunn pour le shakespearien,
La nuit des rois (id), avant de porter brillamment sur ses frêles épaules l'adaptation éponyme du roman d'
Henry James,
Les Ailes de la colombe (Iain Softley, 1997), pour laquelle elle est récompensée à de multiples reprises. A l'affiche, avec
Branagh, de l'affligeant mélo de
Paul Greengrass,
Envole-moi (1998), elle laisse enfin éclater sa douce folie dans le film choc de l'année 1999,
Fight Club (
David Fincher), où elle campe une invraisemblable et désespérante névrosée, amoureuse de l'insaisissable Tyler Durden.
En 2001, sa carrière prend un nouveau tournant suite au tournage du remake de
La Planète des Singes par
Tim Burton. Elle devient en effet la nouvelle muse du cinéaste, à la ville et à l'écran, comme en témoignent
Big Fish (2003),
Charlie et la Chocolaterie (2005),
Les Noces funèbres de Tim Burton (id) et
Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (2007). Continuant de privilégier les films à tonalité dramatique, à l'image des romances
The Heart of Me (Thaddeus O'Sullivan, 2002) et
Conversation(s) avec une femme (Hans Canosa, 2005) dont l'originalité repose sur une mise en scène en split screen, Bonham Carter aime néanmoins s'accorder quelques pauses récréatives. Soit en assurant le doublage d'une des dernières productions des studios Aardman,
Wallace et Gromit le mystère du lapin-garou (Nick Park, id), soit en rejoignant les professeurs hauts en couleurs de Poudlard dans le cinquième épisode des aventures du jeune magicien,
Harry Potter et l'Ordre du Phénix (
David Yates, 2007), qu'elle prolongera par
Harry Potter et le Prince de sang mêlé (id, 2009) et prochainement par
Harry Potter et les Reliques de la Mort: Part I (id, 2010) & Part 2 (id, 2011) qui clôtureront la saga. Surtout, l'actrice figure au casting du très attendu
Terminator Renaissance (Terminator 4) (2009), avec
Christian Bale ainsi que
Bryce Dallas Howard, et réalisé par
McG, qui a eu la lourde tâche de succéder à
James Cameron et
Jonathan Mostow.