Le cinéma est une invention permanente. ”
Henri-Georges Clouzot est né à Niort, le 20 novembre 1907. Après ses études, il s’oriente vers le journalisme, mais bientôt il délaisse la presse pour le cinéma.
Il réalise son premier film en 1942, avec
L’assassin habite au 21, avec Pierre Fresnay et Suzy Delair. Ce policier, devenu mythique, suit le parcours d’un tueur qui terrorise Paris. Il est extrêmement représentatif d’un cinéma aux contours sombre qu’affectionnera Clouzot.
Puis, en 1943, il réalise
Le Corbeau. En période d’occupation, où la délation est monnaie courante, le sujet choque, dérange. Dès la
Libération, le film fait polémique : certains reprochent à son auteur d’avoir fait acte de collaboration, quand d’autres louent son courage. Clouzot le scandaleux est frappé d’une suspension professionnelle.
Revenu à la réalisation, il signe
Quai des Orfèvres, en 47, qui remporte une flopée de prix à Cannes et à Venise. L’heure du désaveu est bel et bien derrière lui. Puis, il tourne
Miquette et sa mère et Manon, en 49. Ses films rencontrent des succès grandissants.
Il fonde sa société de production Véra Films, en hommage à sa femme qu’il aimait passionnément (au point de la faire apparaître au générique des plusieurs de ses films sans que cela soit absolument indispensable pour ajouter de la qualité du casting). L’exceptionnel
Salaire de la peur, en 1952, finit de le révéler.
Yves Montand et Charles Vanel y livrent une bataille avec leurs nerfs, pour mener à bien un stressant transport de nitroglycérine.
Cinéaste partagé entre le respect des codes classiques du septième art et un propos incisif, Clouzot se montre très clairement influencé par
Fritz Lang. Son admiration pour le maître, son regard pessimiste et perfectionniste, se retrouve dans ses films suivants. Il met Véra Clouzot, sa femme, et Simone Signoret en scène dans Les diaboliques, tiré du roman de Barbey d’Aurevilly, en 54. Il réalise ensuite le
Mystère Picasso (1956), un grand documentaire sur la méthode du peintre et sur la naissance de quelques-uns de ses tableaux et la Vérité (1960), où
Brigitte Bardot trouve l’un de ses meilleurs rôles dramatiques.
Henri-Georges Clouzot meurt le 12 janvier 1977. Il pourra reposer en paix : on lui attribue aujourd’hui l’une des filmographie les plus abouties du cinéma français. Avec une précision de métronome et la poésie des impressionnistes qui l’impressionnaient, il a travaillé la moindre image de chacun ses films.
En 1994, avec
L'Enfer,
Claude Chabrol a repris le scénario d'un film que Clouzot n'avait pu achever trente ans plus tôt. En effet, Clouzot avait rédigé durant l’été 63 un manuscrit de plus de 1000 pages, mais le tournage n’aboutira pas. Clouzot était tombé, victime d’une crise cardiaque, dès les premiers jours.