Je ne sais pas ce qu'est la Technique [de l'Actors Studio] et je me fiche de ce qu'elle est. Chacun à sa propre technique. ”
Avec près de cent films, Henry Fonda est un grand artiste par la taille tout comme par le talent. Idéaliste dans la plupart de ses longs-métrages mais aussi homme engagé, cet acteur est né dans le Nebraska. Il s'imaginait tout d'abord journaliste jusqu'à ce que, vers 20 ans, il décide de faire partie de la troupe de théâtre de la mère de
Marlon Brando, Dorothy. Le jeu lui plaît et il se lance sur les planches de Broadway à New York. La transition vers le grand écran se fait lors de l'adaptation de la pièce
The farmer takes wife en 1935 dans laquelle il a le premier rôle. A ses débuts, Fonda noue aussi une forte amitié avec une autre légende,
James Stewart. Malgré leurs divergences politiques - il est un fervent démocrate, Stewart est un républicain conservateur - les deux hommes resteront très proches durant toute leur vie. Les années 1930, ce sont aussi ses premiers pas de père puisqu'il se marie l'année suivante avec Frances Seymour qui lui donnera deux enfants futurs stars,
Jane et
Peter. Il aura également une petite-fille comédienne, Bridget Fonda.
La reconnaissance par la profession et le public vient quant à elle avec
Les Raisins de la Colère, en 1940, le chef d'œuvre de
John Ford adapté du roman de
Steinbeck. Le film remporte plusieurs Oscars et Henry Fonda se voit nommé - mais pas récompensé - comme meilleur acteur. Il devient rapidement la coqueluche du tout-Hollywood non pas parce qu'il est un séducteur incorrigible comme nombre de ses collègues, mais pour son intégrité. Le revers de ce succès sera son contrat qui le lie à la Century Fox durant sept ans. Mais il y a plus grave à l'époque : la guerre. En 1940, la Seconde Guerre devient mondiale et Fonda ne veut pas se cacher derrière son statut. Il s'engage dans la marine clamant qu'il ne veut pas être dans une guerre fictive dans un studio. Après cette période tourmentée, il décide de faire une pause pour profiter des joies de la vie civile.
La filmographie d'Henry Fonda est dense, cependant, si l'on doit mettre en lumière quelques films, il y aurait tout d'abord
12 Hommes en colère de
Sidney Lumet en 1957. Ce long métrage à petit budget raconte comment un juré décide, à force de détermination, de prouver l'innocence d'un homme. Ce huis clos étouffant est un rôle parfait pour l'homme de convictions qu'est Fonda et le film remporte un beau succès critique. Si la liste de ses films de guerre n'est pas courte non plus, il faut cependant citer
Le Jour le plus long, film épique au casting qui l'est tout autant. Les années soixante sont aussi l'âge d'or des westerns et le comédien n'y coupera pas avec entre autres
La Poursuite infernale et
L'homme aux colts d'or. En 1968,
Sergio Leone vient jusqu'en Amérique pour le prier de jouer dans
Il était une fois dans l'Ouest. L'acteur accepte et se glisse alors dans la peau d'un personnage de méchant bien vilain pour une fois. A partir de 1970, Fonda fait des choix plus éclectiques, internationaux - il joue dans
Le Serpent de
Henri Verneuil par exemple - et légers comme le western
Mon nom est personne, à la fois parodie et hommage au western classique. Parallèlement à ces films mémorables, il en fait d'autres qui le sont beaucoup moins comme
Rollercoast. Il joue à la télévision et au théâtre, beaucoup, bien que la maladie commence à le diminuer. Il est en effet atteint d'un cancer de la prostate mais c'est une crise cardiaque qui le terrassera à Los Angeles en 1982. Un an avant de quitter violemment la profession, il avait enfin reçu un Oscar pour son interprétation dans
La Maison du lac aux côtés de
Katharine Hepburn.
Son amitié et sa collaboration de vingt ans avec le réalisateur [people]John Ford[/people] a pris fin en 1955, quand ce dernier l'a cogné, alors qu'il avait le dos tourné, durant le tournage de