Holly Hunter, actrice américaine consacrée par son rôle de pianiste muette dans
La Leçon de piano (
Jane Campion, 1993), nourrit dès son enfance une passion pour le théâtre. En 1976, elle intègre les cours dramatiques de la Carnegie Mellon University de Pittsburgh, avant de s'installer en 1980, son diplôme en poche, à New York où elle partage un appartement avec Frances McDormand. Comme cette dernière, elle fait d'abord ses armes sur scène, notamment dans les pièces gothiques de Beth Henley comme
Crimes of the Heart, jouée à Broadway. Après une apparition dans
Carnage (Tony Maylam, 1981), un film d'horreur écrit par Harvey Weinstein, elle décide de s'installer à Los Angeles en compagnie de son ex-colocataire, Joel Cohen et
Ethan Coen ainsi que
Sam Raimi.
Pendant six années, elle galère, ne parvenant à décrocher que de maigres apparitions dans une poignée de téléfilms (
Svengali, 1983 ;
With Intent to Kill, 1984) et un second rôle dans le drame romantique
Swing Shift (
Jonathan Demme, 1984), avec
Goldie Hawn et
Kurt Russell. Après s'être désistée pour
Blood Simple (1984) - son rôle échouant finalement à son amie McDormand - Hunter obtient son premier grand rôle grâce aux Cohen brothers et leur comédie kidnapping,
Arizona Junior (1987). Le film lance sa carrière et lui permet d'enchaîner avec
Colère en Louisiane (
Volker Schlöndorff, id) et
Broadcast News (James L. Brooks, id) où elle campe avec la même fougue deux femmes de caractère, l'une propriétaire terrien luttant contre le racisme ; l'autre productrice télé, objet des faveurs de William Hurt et Albert Brooks.
Prouvant qu'elle est l'aise dans tous les genres, elle entame, après le mauvais mélo de Steven Spielberg,
Always (1989), une série de comédies légères et pétillantes à l'image de
Miss Firecracker (Thomas Schlamme, 1989),
Animal Behavior (H. Anne Riley, id) et
Crazy in Love (TV, 1992). Toutefois, l'actrice n'est jamais meilleure que dans le registre dramatique ; ce que viendra confirmer en 1993 le succès de
La Leçon de piano. Palme d'or à Cannes, le film de
Jane Campion la révèle définitivement aux yeux du public et de la critique qui la consacrent par une pluie de récompenses prestigieuses dont un Prix d'interprétation cannois, un Oscar et un BAFTA. Sa composition intense et éminemment tragique entérine le talent d'Hunter qui se voit alors proposer des productions de premier ordre comme
La Firme (1993), adaptation du roman éponyme du roman de John Grisham par Sidney Pollack, ou le mauvais psycho-thriller
Copycat (Jon Amiel, id).
Or, l'actrice va plutôt faire le choix de privilégier les films indépendants comme
Week-end en famille (1995), le deuxième film de
Jodie Foster, ou les projets atypiques, à l'instar du sulfureux
Crash (
David Cronenberg, 1996) et de l'expérimental
Timecode (
Mike Figgis, 2000). Renouant par la suite avec la comédie, elle veille au bonheur amoureux de
Cameron Diaz et Ewan McGregor dans
Une vie moins ordinaire (
Danny Boyle, 1997), avant de retrouver les frères Cohen pour leur jubilatoire relecture de l'
Odyssée d'
Homère,
O' Brother (2000). Mère dépassée d'une ado rebelle dans
Thirteen (Catherine Hardwicke, 2003), son physique menu ne l'empêche nullement d'appartenir à la famille animée des
Indestructibles (
Brad Bird, 2004) et d'incarner une nouvelle fois une femme à poigne dans le film choral au féminin
Nine Lives (Rodriguo Garcia, 2005). Depuis 2007, Holly Hunter est l'héroïne de la série
Saving Grace où, entre polar et fantastique, elle excelle comme à son habitude dans le rôle d'un inspecteur de police aux tendances autodestructrices.