Les meilleurs moments qu'on a vécus sont définitivement perdus. La seule façon de les retrouver, c'est de faire appel à sa mémoire. Le cinéma est un outil qui me permet de conserver ces souvenirs. ”
Présenté comme l’équivalent post-moderne de
Yasujiro Ozu pour son approche radicale et minimaliste, Hou Hsiao Hsien rencontre le succès dès ses premiers films (
Cute girl notamment, en 1980). Son œuvre se fait plus autobiographique avec
Les Garçons de Fengkuei, tandis que
Un temps pour vivre, un temps pour mourir (1985) le révèle aux yeux de la critique occidentale : il devient, aux côtés d’Edward Yang,
Ang Lee et Tsai Ming Liang, un des chefs de file de la « nouvelle vague » taïwanaise. Cette génération est à l’origine d’un renouveau esthétique dans le cinéma chinois, mêlant réalisme et sophistication visuelle.
La Cité des douleurs (Lion d’Or à Venise en 1989), fresque historique impressionniste, forme avec
Le Maitre de marionnettes (Prix du Jury au festival de Cannes en 1993) et
Good men, good women (1995) une trilogie sur l’histoire de Taïwan. Dans
Les Fleurs de Shanghai, son cinéma se vit à nouveau comme une expérience sensorielle et poétique. Il rend ensuite hommage au maître japonais
Yasujiro Ozu dans
Café lumière (2003), ajoutant la distance et l’esthétisme visuel propres à son art.
Il filme également jusqu’à l’obsession l’errance de la troublante Shu Qi dans
Millenium mambo (2001). Avec la même puissance plastique, il décline l’amour sur trois époques dans le magnifique
Three times (2004), présenté au Festival de Cannes 2005. Hou Hsiao Hsien réalise ensuite à Paris
Le Voyage du ballon rouge, commande pour le Musée d'orsay qui le voit diriger
Juliette Binoche et appliquer son esthétique aux rues et appartements parisiens.
En 2008, le
Festival de Cannes fait de lui président du Jury de la Cinéfondation et des courts métrages.