Né dans une famille aux origines nobles et écossaises, diplômé en littérature anglaise à Oxford, Hugh Grant s'intéresse aux arts dramatiques durant ses études en rejoignant l'Oxford University Dramatic Society. Après une première apparition à l'écran dans
Privileged (Michael Hoffmann, 1982), produit par son université, il multiplie les petits boulots : chroniques de livres, assistant paysagiste pour le Fulham Footbal Club, scénariste pour la télévision, rédacteur et producteur pour la publicité, acteur au théâtre. Lassé de ses petits rôles sur les planches, il fonde avec deux amis sa propre revue comique,
The Jockeys of Norfolfk. La petite bande fait alors la tournée des pubs faisant office de café théâtre à Londres, notamment au George IV, Canal Cafe Theatre et The King's Head. Durant cette période il obtient également différents rôles sur scène :
An Inspector Calls,
Lady Windermere's Fan,
Coriolanus, ainsi qu'à la télévision, dans diverses séries ou téléfilms tels que
The Detective (1985),
La Guerre de Jenny (Steve Gethers, Id) et
The Demon Lover (Peter Hammond, 1986). Il obtient enfin son premier grand rôle au cinéma en 1987 chez James Ivory dans
Maurice, dans lequel il joue un homosexuel. Le film lui rapporte le prix du meilleur acteur au festival de Venise.
Durant les années 80 et jusqu'au début des années 90, Hugh Grant alterne entre des petits rôles à la télévision et quelques apparitions notables mais sans réel succès au cinéma. On le voit entre autres dans le premier film du français
Nicolas Klotz,
La Nuit bengali (1988), d'après un scénario de
Jean-Claude Carrière et adapté de Mircea Eliade ;
Le Repaire du ver blanc (Id), film d'horreur du cinéaste anglais très baroque Ken Russell ; chez
Roman Polanski pour
Lunes de fiel (1992) ; puis retrouve enfin James Ivory pour un second rôle dans
Les Vestiges du jour (1993). Sa carrière explose enfin en 1994 grâce à la comédie romantique culte,
Quatre mariages et un enterrement (
Mike Newell), le film qui lancera l'acteur et le genre en Angleterre, voire les deux ensemble ; Grant sera en effet vite abonné à la comédie romantique, il n'en sortira que rarement. Pas étonnant, son charme nonchalant et son humour anglais si délicieusement cynique lui donnent un charisme alors sans égal. Smart, beau, insolent, ironique, un brin dandy, jamais trop arrogant, parfois un peu timide, il deviendra l'archétype du personnage rencontrant malgré lui, ou pas, l'amour idéal. Le succès de
Quatre mariages...aidant, il part bientôt poursuivre sa carrière à Hollywood, où il atterrit dans
Neuf mois aussi (
Chris Columbus, 1995), remake du film de Patrick Braoudé. Cette comédie Pampers n'a pas été un choix très stratégique, le film est mauvais, et Hugh Grant fait pitié. Heureusement, les résultats en salles sont corrects.
The Lover
La même année il rejoint
Emma Thompson au casting de
Raison et sentiments, une adaptation par
Ang Lee de
Jane Austen où cette fois Grant est à sa place dans cette univers romanesque et romantique. Après des retrouvailles avec Michael Hoffman pour
Le Don du roi (1995), récompensé deux fois aux Oscars, il fait sa première (et dernière) incursion dans un genre où il n'est pas à sa place, le thriller, pour
Mesure d'urgence (1996) du tâcheron certifié Michael Apted. Le film est un échec au box office et les critiques le massacrent. Après quelques années de silence ou entre-temps il a dérayé la chronique pour sa relation extra conjugale avec une prostituée (il s'est fait arrêté dans les rues de Los Angeles), Grant revient à ses classiques et à la comédie romantique pour
Coup de foudre à Notting Hill (Roger Mitchell, 1999), avec
Julia Roberts. Le film fait un triomphe en salles, la presse suit, l'acteur est nominé aux Golden Globes pour sa performance. Se dessine alors un véritable patron de la comédie romantique avec Hugh Grant, presque un genre un part, à lui, avec son type de personnage récurrent. Suit
Mickey les yeux bleus (Kelly Malkin, 1999), la comédie romantique sauce mafieuse (la mafia est alors à la mode avec le succès des
Sopranos). Mais le film ne rencontre pas son public et n'est pas franchement défendu par les journalistes, un semi échec de plus.
Woody Allen lui offre ensuite le rôle d'un antipathique marchand d'art dans
Escrocs mais pas trop (2000), puis comédie romantique toujours, il devient l'objet de convoitise de
Renée Zellweger dans
Le Journal de Bridget Jones (Sharon Maguire, 2001), adaptation du best seller pour filles trentenaires et célibataires. Grant est fatalement à sa place dans un genre qui finit par s'adapter à lui plutôt que l'inverse. Il sera également à l'affiche de la suite,
Bridget Jones : l'âge de raison (Beeban Kidron, 2004).
En 2002 il trouve l'un de ses plus beaux rôles avec
Pour un garçon (Chris et
Paul Weitz), où en trentenaire patachon bouleversé par l'arrivé d'un gamin, il fait preuve d'une autodérision malicieuse tout en maniant l'ironie et le cynisme avec la plus grande finesse. La même année il rejoint pour la première fois Marc Lawrence pour le sympathique mais raté
L'Amour sans préavis, aux côtés de l'impossible et inexistante
Sandra Bullock, puis devient le génial premier ministre de l'autre grand succès de la comédie romantique britannique,
Love Actually (Richard Curtis, 2003). Il retrouve ensuite
Paul Weitz pour
American Dreamz (2006), comédie pleine de maîtrise sur la télé réalité où Grant joue un directeur de chaîne prêt à tout pour faire monter l'audience ; et collabore à nouveau avec Marc Lawrence pour peut-être la plus belle comédie romantique de toute sa carrière :
Le Come-back (2007), où aux côtés de
Drew Barrymore, il joue un chanteur has been des eighties qui va faire son retour grâce à l'amour et la musique. Grant donne ici à son personnage une profonde dignité, une réelle estime de soi, un amour propre évitant toute forme de pathos ou de mélancolie ; il échappe ainsi à tous les discours, à toutes les ringardises, il est plus fort que la mode, le temps, la nostalgie, la mort. Le film est un hymne à la vie par l'alchimie des paroles et de la musique, incarnés par les comédiens. Grant, dont le jeu évoque parfois avec une troublante similitude celui de
James Stewart jeune (époque
Rendez-vous) est enfin à l'affiche de
Lost for Words (2009) de
Susanne Bier, réalisatrice du mélo
Nos souvenirs brûlés.