Im Kwon-taek, l'un des réalisateurs les plus renommés de Corée du sud, mène une formidable carrière. Avec pas moins de cent films en 45 ans de métier, il est devenu l'exemple même du style classique coréen.
Mais tout n'a pas bien commencé pour lui. Im Kwon-taek passe une bonne partie de son adolescence dans la rue. Sa famille a en effet été ruinée par la guerre de Corée. Arrivé dans la ville portuaire de Pusan, il trouve du travail dans une usine de recyclage de chaussures. La chance lui sourit quand ses employeurs se lancent dans le cinéma. Il devient coursier, avant d'être nommé assistant de production et même assistant réalisateur.
Im Kwon-taek parvient au poste de réalisateur en 1962, avec
Adieu fleuve Duman. Suivent une cinquantaine de films de série B dans des genres assez différents, parmi lesquels
Shibjamae seonsaeng (1964),
Yohwa Jang Huibin (1968) ou
Hwangyaui doksori (1969). Au cours des années 70, Im Kwon-taek change sa vision du cinéma. Il veut réaliser des films plus sérieux et surtout plus personnels. Notamment
Jokbo, sorti en 1979. Premier succès international avec
Mandala (1981), projeté dans des festivals en Europe. Et début de la reconnaissance pour Im Kwon-taek. Kang Soo-yeon, l'interprète principale de son film
La Mère porteuse, reçoit même un prix d'interprétation au festival du film de Venise en 1987.
Nouveau coup de maître en 1993 avec
La Chanteuse de pansori, film multi-récompensé qui ouvre au réalisateur de nombreuses frontières. Puis il tourne en 2000
Le Chant de la fidele Chunhyang. Et reçoit en 2002 le prix de la mise en scène à Cannes pour
Ivre de femmes et de peinture. La même année, Im Kwon-taek reçoit un prix de l'Unesco pour l'ensemble de son oeuvre. Après
La Pègre en 2004, il revient en 2007 avec
Souvenir. Le film sort en France en juillet 2008.