Ingrid Bergman



Ingrid Bergman Nationalité : suédoise
Naissance : 29 August 1915 à Stockholm
Mort le : 29 August 1982

Métier : Actrice
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Avant d’être l’un des visages les plus célèbres du néo-réalisme italien dans les films de Roberto Rossellini, Ingrid Bergman débute sa carrière de comédienne au Théâtre Royal de Stockholm où elle obtient plusieurs rôles de premier plan. Engagée par le studio suédois Svenskifilmindustri, elle fait sa première apparition à l’écran dans Le conte de Munkbro’ (1935) d’Edvin Adolphson. Elle ne tarde pas à s’imposer et dès son cinquième film, Du côté du soleil (1936) de Gustaf Molander, elle partage le rôle titre. Cultivant la diversité des genres, avec une affinité pour la comédie sentimentale et le mélodrame révélant son aura, sa beauté et sa fraîcheur, Bergman devient alors l’égérie de Molander qui lui offre plusieurs rôles, notamment celui d’Intermezzo (1936) dont le succès intrigue David O. Selznick. Découvrant le potentiel inouï de la jeune star suédoise, le producteur hollywoodien l’invite alors à franchir l’Atlantique pour en tourner un remake sous l’égide de Gregory Ratoff aux côtés de Leslie Howard.

Voyage en Amérique


Grand découvreur de talents et surtout d’actrices, Selznick ne s’est pas trompé, le film est un succès et Bergman séduit Hollywood avec son naturel et sa pureté. Pendant six ans, sa carrière est structurée par son mentor qui cherche à façonner son image qu’il souhaite teintée de romantisme et de puritanisme. Femme de caractère, Bergman s’oppose pourtant très tôt aux choix de Selznick et tente de réorienter ses rôles vers des personnages moins lisses. Elle obtient ce qu’elle veut avec Dr Jekkyl et Mister Hyde (1941) de Victor Fleming. Dès lors, ces rôles offrent une image plus complexe qui parfois n’hésite pas à glisser vers des portraits plus sombres qui dessineront son ambivalence et son désir ne pas figer ses interprétations. Elle passe ainsi de rôles plus positifs sinon saints (La maison du Dr Edwards (1945) d’Alfred Hitchcock ou Jeanne d’Arc (1948) de Victor Fleming) à d’autres plus noirs (Arc de triomphe (1948) de Lewis Milestone), voire à des personnages torturés avec Les Amants du Capricorne (1949). Devenue mondialement célèbre avec Casablanca (1942) de Michael Curtiz où elle partage l’écran avec Humphrey Bogart, elle développa dans ses rôles, à l’instar de Les Enchaînés (1946) d’Hitchcock, une volonté de nuance dans l’expression des sentiments et la composition de ses personnages.

Voyage en Italie


Après Les Amants du Capricorne, Bergman est la star européenne la plus populaire d’Hollywood. Elle a acquis une certaine indépendance et son goût pour la complexité lui autorise un champ de liberté artistique considérable, d’autant qu’elle continue le théâtre parallèlement. Pourtant contre toute attente la comédienne quitte l’eldorado californien après avoir découvert les films de Roberto Rossellini, Rome ville ouverte (1945) et Allemagne année zéro (1948). Coup de foudre artistique et sentimental, Bergman part pour l’Italie rejoindre son futur époux en délaissant derrière elle mari et enfant. Passé le scandale, la relation entre Rossellini et Bergman s’étale sur cinq films qui pour trois d’entre eux illustrent étrangement les rapports complexes et détériorés d’un couple : Stromboli (1950), Voyage en Italie (1954) et La peur (1954). Malgré son admiration et la nature de leur relation, Bergman s’adapte mal aux méthodes dilettantes de l’un des fondateurs du néo-réalisme italien. Son jeu élaboré se confronte à l’anarchisme volontaire de Rossellini qui dans sa recherche esthétique entre naturalisme et classicisme finit par ne plus savoir comment gérer son actrice. Il lui donne alors à la fois parmi ses plus beaux rôles (Voyage en Italie notamment) et ceux qui dénaturent le plus l’image qu’elle s’était constituée à Hollywood (Rossellini tournant presque en opposition à ses films américains).

Retour à Hollywood

 

Après six ans d’escapade transalpine et trois enfants (dont Isabella Rossellini, future actrice), Bergman quitte son époux et retourne à Hollywood. Elle passe alors devant la caméra d’Anatole Litvak pour Anastasia (1956), l’adaptation d’une pièce réécrite sur-mesure pour la comédienne afin qu’elle y développe l’entière richesse de son talent. Le film lui vaut l’Oscar d’interprétation. Pourtant sa gloire cinématographique est déjà derrière elle. Malgré un petit détour chez Stanley Donen aux côtés de Cary Grant dans Indiscret (1958), l’actrice ne retrouve plus de réalisateur à sa hauteur et les années soixante lui offriront d’abord la possibilité de faire rayonner sa notoriété plus que la complexité de ses interprétations. Son jeu se fait alors plus grossier et évident, comme dans L’auberge du sixième bonheur (1958) de Mark Robson, ou pire encore avec Aimez-vous Brahms ? (1961) d’Anatole Litvak, adapté de François Sagan, où elle n’évite pas un côté très lacrymal.


Après quelques passages à la télévision plutôt passables et autres films peu notables, l’actrice s’est installée dans une routine bien éloignée de l’exigence de ses débuts. Elle obtient toutefois l’Oscar du second rôle dans Le Crime de l’Orient-Express (1974) du très seventies Sidney Lumet, et surtout retrouve enfin un réalisateur à sa mesure en regagnant la Suède pour tourner Sonate d’automne (1978) sous l’égide du célèbre Ingmar Bergman. Sous son regard, l’actrice développe un jeu presque inédit depuis sa première période hollywoodienne, d’une rare complexité maîtrisée où elle excelle dans la composition d’un personnage ambigu qui clôturera sa carrière avec un brio aussi fascinant qu’émouvant.

Photos d'Ingrid Bergman

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