Révélée au grand public en 2003 avec
Ma vie sans moi, Isabel Coixet s'est imposée avec des mélodrames psychologiques maniérés et auteurisants. Initiée au cinéma après avoir reçu une caméra 8mm pour sa première communion, elle poursuit des études d'histoire contemporaine à l'Université de Barcelone avant d'entamer une carrière dans la publicité. En 1983 elle signe son premier scénario de long-métrage,
Morbus, adapté par Ignasi P. Ferré. Elle passe à la réalisation en 1984 pour le court-métrage
Mira y veràs, puis tourne son premier long en 1989,
Demasiado viejo para morir joven, qu'on pourrait traduire par Trop vieux pour mourir jeune. Elle quitte ensuite l'Espagne et compose avec son premier casting américain (une future constante) pour
Des choses que je n'ai jamais dites (1996), avec Lili Taylor. Poseur, inutilement sophistiqué, prétentieux, le film peine à séduire. Co-produit avec la France, elle réalise ensuite
L'heure des nuages (1998), un drame inspiré de Stendhal avec Monica Belluci.
Elle obtient enfin la consécration en 2003 avec
Ma vie sans moi, mélo multiprimé ouvrant sa collaboration avec l'actrice
Sarah Polley jouant une mère de famille atteinte d'un cancer incurable. Quoique encensé par la critique, le film demeure encore saturé de prétentions auteuristes dont on peine à croire en la sincérité. Deux ans plus tard, Coixet retrouve Sarah Polley et réalise
The Secret life of words (2005), l'histoire d'amour sur une plateforme pétrolière entre une femme mystérieuse et un homme ayant perdu la vue qu'elle est venue soigné. Elle participe ensuite aux films collectifs
Paris je t'aime (2006) et
Invisibles (2007), puis tourne
Lovers (2008), avec
Penélope Cruz et
Ben Kingsley, la rencontre passionnelle et charnelle entre un professeur de littérature et une exilée cubaine. Coixet fait enfin son entrée en grandes pompes à Cannes, en compétition officielle, avec
Map of the Sounds of Tokyo (2009), sur la double vie d'une Japonaise, poissonnière la nuit et tueuse à gages le jour.