Avant d'être le standardiste le plus désopilant de la télévision avec ses interventions dans
Nulle Part Ailleurs au milieu des années 1990, Jackie Berroyer commence sa carrière médiatique comme rock critic. En pleine seventies, il signe des papiers pour
Charlie Hebdo, puis viennent
Hara Kiri,
Libération,
Rock&Folk ou encore le mythique
Actuel, pôle tendance et pointu de la contre-culture française inventé par le regretté
Jean-François Bizot. Dans les années 1980 et parallèlement à sa carrière de journaliste, Berroyer est sollicité par le cinéma. Il participe ainsi au scénario de
Double messieurs (1986) de Jean François Stévenin dans lequel il tient également un rôle, sa première (d'une longue série) apparition à l'écran. On lui doit également l'écriture de l'oubliable
Poule et frites (1987) de
Luis Rego,
Lune froide (1991) de
Patrick Bouchitey, dans lequel il joue également, ou encore
Rien du tout (1992), premier film du jeuniste
Cédric Klapisch, et
Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel (1993) de Laurence Ferreira Barbosa. Films où Berroyer se mêle de nouveau au casting en trimbalant sa gueule joyeusement désabusée.
En marge de ses premières apparitions à l'écran (on le croise aussi chez Patrick Grandperret dans
Mona et moi, 1989) et de ses premiers essais comme scénariste, Berroyer signe quelques livres à son image de comique déphasé et désabusé :
J'ai beaucoup souffert,
Je vieillis bien, et
La femme de Berroyer est plus belle que toi, connasse, adapté en salles en 1997 par Arnold Barkus sous le titre
Tempête dans un verre d'eau, avec Jackie dans le rôle titre, évidemment. Le cinéma lui a alors déjà largement ouvert ses portes, en plus de celles de Canal +. On l'a vu notamment dans les films d'anciens critiques aux Cahiers du cinéma :
Olivier Assayas d'abord avec
L'eau froide (1994), puis
Encore (1996) du théoricien
Pascal Bonitzer qui lui offre le rôle d'un prof de philo à la vie sentimentale affreusement compliquée et indécise. Un portrait à peine voilé du milieu intellectuel parisien que
Bonitzer connaît bien. Et enfin chez Thierry Jousse, dans son court-métrage,
Le jour de Noël (1998).
Depuis la liste est longue, Berroyer n'ayant cessé d'enchaîner les rôles titres ou de second plan dans plus d'une quarantaine de films, de cinéma, télévision ou courts-métrages auxquels il participe généreusement. De qualité très variable, ces productions mélangent un peu tous les genres avec une prédisposition naturelle pour la comédie. On le retrouve ainsi aussi bien dans de purs navets comme
Ça n'empêche pas les sentiments (2006) de (1998), le film de Chevalier/Laspales signé Jean-Pierre Jackson,
Albert est méchant (2004) où il retrouve Hervé Palud qui l'avait déjà dirigé sur
Un Indien dans la ville dix ans plus tôt, que dans des rôles plus à contre courant comme dans
Brodeuses (2004) d'Eléonore Faucher et surtout
Calvaire (2004) de
Fabrice Du Welz. Un survival horror campagnard où Berroyer torture
Laurent Lucas transformé en objet de toutes les perversions. On le retrouve encore dans une série de films tous manifestement médiocres signés de quelques noms connus :
A boire (2004) de Marion Vernoux,
Imposture (2005) de
Patrick Bouchitey (dont il écrit le scénario),
Jean-PhilippeLaurent Tuel,
Enfermés dehors (2006) d'
Albert Dupontel dont il partage l'affiche de
Président (2006) de Lionel Delplanque, ou enfin
Deux vies...plus une d'Idit Cebula, une énième comédie française pas drôle et mal foutue.