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Naissance : 09 October 1908
à Le Pecq
Mort le : 05 November 1982 Métier : Réalisateur |
Les origines de Jacques Tati sont diverses. Russe par son grand-père, le comte Dimitri Tatischeff, attaché militaire à l'ambassade de Russie à Paris, française par sa grand-mère, et italo-hollandaise par sa mère. Il commence par faire des études à l'Ecole des arts et métiers puis suit les pas de son père et devient encadreur d'art. Grand amateur de sport, il consacre beaucoup de son temps au rugby, au tennis, à la boxe ou à l'équitation. Ce que l'on retrouve en partie dans ses interprétations de mime à partir de 1931, en amateur d'abord puis en professionnel deux ans plus tard. Dès 1932 il tente d'adapter ses numéros au cinéma, mais sans succès, il laisse inachevé Oscar, champion de tennis, son premier essai. Pour sa tentative suivante, On demande une brute (1934), il se contente de jouer et d'écrire le scénario, confiant la réalisation à Charles Barroi. Tandis que pour Gai Dimanche (1935), il co-réalise ce court-métrage avec Jacques Berr. Après la guerre Tati revient au music-hall puis décroche quelques petits rôles au cinéma. On le voit ainsi dans Sylvie et le fantôme (1946) et Le Diable au corps (1947) de Claude Autant-Lara.
En 1947 il tourne son dernier court-métrage, L'Ecole des facteurs, qui servira de brouillon à Jour de fête (1949), son premier long et son premier succès malgré une œuvre atypique qui déroute d'abord les distributeurs. Acteur et réalisateur talentueux, il séduit alors le public et la critique avec ce film tourné en noir et blanc et en couleur à partir d'un procédé impossible à tirer à l'époque et qui ne le sera qu'en 1987, grâce aux soins de Sophie Tatischeff, fille de Jacques Tati. Le film ressort ainsi en 1995 avec une copie en couleur qui permet d'encore mieux apprécier ce mélange unique de comique enfantin et de poésie rurale à la mécanique infaillible. Tati s'inscrit donc très tôt comme une sorte de sociologue burlesque de la France, un peintre à la fois tendre et lucide explorant les changements sociaux, économiques ou géographiques de l'après-guerre. Suite à ce succès, Tati refuse de donner une suite à Jour de fête et préfère s'inscrire en auteur rigoureux. Il prolonge ainsi les bases de son réalisme comique et social dans Les vacances de monsieur Hulot (1953). Un portrait hilarant des habitudes des Français dans une station estivale où l'auteur/acteur intervient comme un jubilatoire élément perturbateur instaurant un peu d'innocence enfantine dans une mécanique bientôt implacable. Le film fait un triomphe.
La notoriété de Tati semble alors installée. Pourtant, dès Mon oncle (1958), où il reprend le personnage de Monsieur Hulot, un malentendu s'installe et ne cessera de s'aggraver au fil de ses films (de plus en plus chers) et ses ambitions (de plus en plus radicales). A partir de Mon oncle, le monde moderne fait son incursion chez Tati, une incursion de plus en plus grave où le burlesque joue toujours avec une forme de réalisme mais en partant dans une direction qui accentue la satire sociale. Ses personnages auront ainsi tendance à mettre davantage le monde en accusation, à révéler une idée de l'époque, sa vérité, au détriment parfois de cette poésie présente dans ses premiers films. Ce qui ne manqua pas peut-être de dérouter le public, ses films étant plus durs à appréhender, tandis que leur portrait de la société française se font de moins en moins aimables ou plutôt inquiets, voire effrayants (Trafic). Tati ne revient alors au cinéma qu'en 1967 avec le mégalomane Playtime, échec retentissant où pourtant Tati a déjà parfaitement perçu la notion de transparence qui quelques décennies plus tard nous obsèdera. Puis enchaîne avec Trafic (1971), grande satire de l'automobile, à la fois juste et d'une inventivité déconcertante, et termine sur Parade (1974, TV), sans doute son film le moins apprécié.
| Personnalités Similaires | Charlie Chaplin |
| Collaborations | Agnès B |
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