James Franco a tous les talents : beau et doué, il mène sa carrière à Hollywood comme il l'entend, naviguant des blockbusters au cinéma indépendant en passant par l'écriture et la réalisation de ses propres films dans lesquels il joue. Né à Palo Alto en Californie, il hérite d'origines portugo-suédoises par son père et juives par sa mère. Elu « sourire de l'année » par ses camarades de classe au lycée, il s'inscrit en anglais à UCLA en 1996 tout en suivant en parallèle des cours d'art dramatique pour vaincre sa timidité. Contre l'avis de ses parents, il ne termine pas sa première année pour se consacrer à sa carrière d'acteur débutant. Après une année intensive où il suit l'enseignement de Robert Carnegie au Playhouse West à Los Angeles, il trouve un agent et commence à auditionner pour des petits rôles à la télévision et au cinéma. Il décroche son premier rôle sur grand écran en 1999 dans le teen movie
Collège attitude (Raja Gosnell) avec et produit par
Drew Barrymore. L'année suivante, il devient l'un des héros d'une version revisitée de
Cyrano de Bergerac façon comédie romantique,
Dangereuse Seduction (David Raynr, 2000), puis s'impose dans la série produite et écrite en partie par
Judd Apatow Freaks and Geeks (1999/2000). Il y joue Daniel Desario, un jeune rebelle romantique étroitement inspiré de
James Dean dans
La Fureur de vivre, en moins torturé. L'acteur est parfait d'imperfection, beau, séducteur, fragile, touchant, il est à sa place dans cette série méconnue qui réinvente le
teen movie.
Hélas,
Freaks and Geeks ne dépasse pas la première saison. Pas grave, elle deviendra d'autant plus culte. Mais l'acteur ne va pas chômer. En 2001, il déroche le rôle qui va le lancer pour de bon,
James Dean, dans le biopic éponyme de Mark Rydell (2001). Pour ce téléfilm, pour lequel il obtient un Golden Globe, l'acteur se donne totalement et s'immerge à fond dans son personnage (un comble quand on sait qu'il interprète un des acteurs modèles de l'Actor's Studio). Au point de changer d'attitude, de mode de vie, de se mettre à fumer deux paquets par jour alors qu'avant il ne touchait pas une cigarette. Le rôle lui restera collé à la peau, d'autant plus que les deux acteurs partagent une troublante ressemblance physique, notamment la voix, douce, feutrée, enjôleuse, et le sourire, plus juvénile, moins sauvage, mais tout aussi fatal. Sa prestation attire rapidement l'attention des studios et la Columbia en particulier, qui prépare l'adaptation de
Spider-Man signée par
Sam Raimi. Franco intègre le casting, il devient Harry, le meilleur ami de Peter Parker promis à devenir son fidèle ennemi. L'acteur joue ce second rôle avec la justesse nécessaire, tout en bloc de sentiments, très purs et violents. Il retrouvera naturellement son personnage dans les aventures suivantes de l'homme araignée,
Spider-Man 2 (2004) et
Spider-Man 3 (2007), toujours plus tragique, grave, torturé, beau.
Parallèlement à cette carrière jalonnée de grosses sorties où il croise quelques grands noms d'Hollywood (
Robert De Niro dans
City by the Sea (Michael Caton-Jones, 2002),
Robert Altman sur
Company (2003),
Paul Haggis pour
Dans la vallée d'Elah (2007) avec
Tommy Lee Jones), James Franco passe l'essentiel de son temps entre des productions indépendantes, des petits budgets et des échecs commerciaux qui pour la plupart n'ont jamais franchi nos frontières. Ainsi est-il à l'affiche du premier film de
Nicolas Cage,
Sonny (2002) ou encore des films de guerre
The Great Raid (
John Dahl, 2005) et
Flyboys (Tony Bill, 2006), du réussi
The Dead Girl (Karen Moncieff, Id), des inédits
An American Crime (Tommy O'Hayer, 2007) avec
Ellen Page, et
Camille (Gregory Mackenzie, Id), comédie romantique pourtant pleine de charme avec
Sienna Miller. La carrière de James Franco se creuse tranquillement, généralement à l'écart des sunlights ou entre deux cameos pour des potes. A l'affiche en 2008 (aux côtés de son vieux complice de
Freaks and Geeks Seth Rogen), de
Délire Express (
David Gordon Green), un stoner movie déjà culte produit par Apatow, il partage également l'affiche d'
Harvey Milk, le biopic du célèbre politicien gay réalisé par
Gus Van Sant. Vedette du premier film de
Mark Ruffalo,
Sympathy for Delicious (2009), James Franco est enfin réalisateur. Il est déjà l'auteur de trois longs-métrages :
Fool's Gold et
The Ape (2005), deux comédies, et
Good Time Max (2007), l'histoire de deux frères surdoués dont l'un termine dans la drogue et l'autre chirurgien. En plus de l'écriture et de la mise en scène, Franco est également peintre, ses toiles ayant été présentées lors d'une exposition à Los Angeles en 2006. Il est enfin la nouvelle image des parfums Gucci depuis 2008.