Anthropologue de formation, Jane Campion suit, après quelques expériences théâtrales, les cours de la Film and TV School de Sidney. Elle y réalise ses premiers courts-métrages :
Peel (1982), Palme d'or à Cannes, puis
Passionless Moments (1983),
A Girl's Own Story (1984) et
After Hours (1984). Après un téléfilm,
Two Friends (1986), elle s'impose auprès de la critique internationale avec son premier long métrage, controversé mais aux qualités indéniables :
Sweetie (1989), présenté en compétition à Cannes. Son second film,
Un ange à ma table (1990), adapté de l'autobiographie de la romancière et poète néo-zélandaise Janet Frame, lui apporte la consécration et de nombreuses récompenses dont le grand prix spécial du jury à Venise. Trois ans plus tard, toujours fascinée par des personnages féminins en marge, dont elle se fait la spécialité, elle devient célèbre auprès du grand public avec
La Leçon de piano (1993), Palme d'or à Cannes et Oscars du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour
Holly Hunter.
En 1996 elle adapte un roman d'
Henry James,
Portrait de femme, un drame historique sur l'histoire d'une Américaine (
Nicole Kidman) dont la liberté de penser s'adapte mal aux conventions morales de l'Angleterre victorienne. Le film sera nominé aux Oscars. Après trois années de silence, elle signe
Holy Smoke (1999) avec
Kate Winslet et
Harvey Keitel. Co-écrit avec sa sœur, Anna, le film s'avère un nanar d'une lourdeur pachydermique sans précédent dans la carrière de la cinéaste. Une mauvaise pente sur laquelle elle reste avec
In the Cut (2003), thriller suffisant, précieux et confus aux maigres vertus érotiques. Désormais dans le flou et moins désirée, voire plus du tout attendue, elle revient au court-métrage en 2006 avec
The Water Diary, puis participe à
Chacun son cinéma (2007) en réalisant un sketch pour cet hommage très dispensable au festival de Cannes. Court toujours,
The Water Diary se retrouve compilé dans l'inutile
8 (2008), un projet réunissant 8 courts métrages et 8 cinéastes à propos de leur vision du progrès et de l'évolution du monde en général. Elle côtoie une belle brochette de réalisateurs dont on laisse l'appréciation à chacun :
Gaspar Noé,
Jan Kounen,
Wim Wenders ou encore
Gus Van Sant. Elle revient enfin au long-métrage avec
Bright Star (2009), autour de la romance entre le poète John Yeats et sa fiancée Fanny Brawne.