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Jean Gabin


Jean Gabin Vrai nom : Jean Gabin Alexis Moncorgé
Nationalité : française
Naissance : 18 mai 1904
Mort le : 15 novembre 1976
Métier : Acteur

Biographie de Jean Gabin

Jean Gabin, notre icône, vedette du cinéma français populaire, star du cinéma de papa dont un jour la Nouvelle Vague a dit non, ça suffit. A l'époque de Truffaut, Godard, Chabrol, Rohmer et les autres, on comprend qu'en mettant Gabin face à Gary Cooper, le choix du modèle le plus séduisant était rapide. Aujourd'hui tout cela est loin, Gabin est devenu une pièce de notre musée cinématographique, sorte de curiosité d'un autre temps qui nous évoque une France que nous n'avons pas connue. Pourtant, il n'est pas si éloigné de nous, regarder Gabin, c'est aussi voir quelque chose de la France, de son esprit, presque rampant, sous-jacent. On dira, ça en dit long sur notre passé, son image, ce qu'il en reste, ce qu'on en garde. Pour notre héros, tout commence dès l'enfance. Né de Joseph Gabin et Hélène Petit, deux vedettes de café-concert, Jean est immédiatement plongé dans un milieu artistique. Après s'être exercé à différents métiers (cimentier, vendeur de journaux, magasinier, manœuvre dans une fonderie), il débute sa carrière théâtrale à partir de 1922. Il commence par de la figuration aux Folies-Bergère ainsi qu'au Vaudeville, puis part faire un tour de chant en province. En 1928, il apparaît dans une opérette aux Bouffes-Parisiens où il chante et danse avec Mistinguett. Parmi ses autres partenaires, on trouvait également Raymond Dandy, avec qui il fait ses débuts au cinéma dans deux sketchs muets : Ohé les valises et Les lions.

 

Un héros tragique d'avant-guerre

 

L'arrivée du parlant lui donne l'occasion de s'affirmer. Rapidement, dès les années 1930, il ne cesse alors plus de tourner. Il joue souvent des rôles de bons ou mauvais garçons, puis progressivement fixe son personnage de têtu au grand cœur. Il ne tarde pas à devenir un mythe, un visage, une voix et même un corps, voire comme le disait André Bazin, à être « le héros tragique par excellence du cinéma français d'avant-guerre ». Gabin était devenu en effet le défenseur des causes simples mais fédératrices, populaires : la liberté, l'amitié, l'amour. Jusqu'à la guerre, il tourna avec les meilleurs réalisateurs de son époque, français et parfois même étrangers. On le retrouve ainsi entre autres dans Tout ça ne vaut pas l'amour (1931) de Jacques Tourneur, Cœur de lilas (1932) d'Anatole Litvak, La foule Hurle (Id) de John Daumery et Howard Hawks, Le tunnel (1933) de Curtis Bernhardt, ou encore La belle équipe (1936) et Pépé le Moko (1937) de Julien Duvivier.

 

L'acmé d'une carrière

 

Mais ses plus beaux personnages, ceux qui dessinent peut-être le pic de sa carrière à la fin des années trente, Gabin les doit à Jean Renoir et Marcel Carné. Pour eux, il joue certainement ses plus grands rôles, notamment chez Renoir dans Les bas-fonds (1936), adapté de Gorky, puis La grande illusion (1937), où il explose aux côtés d'Eric Von Stroheim, et enfin La Bête humaine (1938), une adaptation de Zola en forme de tragédie naturaliste où il interprète peut-être son personnage le plus complexe et torturé. Renoir disait de lui : « L'étendue des émotions que peut fournir Gabin est immense, tout son art et de n'en donner que l'essentiel ». Pour Carné, il tourna également deux œuvres devenues non moins célèbres et depuis échouées au panthéon du cinéma français : Quai des brumes (1938) et Le Jour se lève (1939), films-phares du réalisme poétique dont Gabin incarna l'une des figures motrices en quelques films. Le dernier, quoique mal accueilli à sa sortie, ne tarda pas à devenir un classique du cinéma français. Son romantisme noir brodé sur fond de tragédie fataliste contenait alors une telle perfection d'exécution filmique qu'elle influença fortement le film noir américain par sa construction en flash-back.

 

La traversée du désert

 

Alors que Gabin atteint des sommets artistiques après son triomphe chez Renoir, Carné ou encore Jean Grémillon (Gueule d'amour -1937, Remorques -1941), alors qu'il est devenu l'un des acteurs français préférés du public, sa carrière est bouleversée et mise entre parenthèse par la guerre. Refusant de tourner pour les Nazis durant l'Occupation, il part pour un court exil aux Etats-Unis où il ne tourne que deux films mineurs : Moontide (1942) d'Archie Mayo, où il partage l'écran avec la grande Ida Lupino, puis L'imposteur (1944) de Julien Duvivier, en exil lui aussi. Durant cette période, il noue une relation avec Marlène Dietrich qui s'étendra jusqu'en 1947. En 1943, il s'engage dans les Forces Françaises Libres du Général De Gaulle et participe à la victoire des alliés, ce qui lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre. Il rentre en France en 1946, mais ne retrouve pas immédiatement de rôle à sa mesure. Refusant de tourner dans Les portes de la nuit que Carné et Prévert ont écrit pour lui, il s'égare alors pendant près d'une dizaine d'années dans des rôles conventionnels ou sans intérêt (Martin Roumagnac, Miroir, La Marie du port, La vérité sur Bébé Donge), avec toutefois une pépite au milieu du désert, Le plaisir (1953) de Max Ophuls.

 

Une seconde carrière

 

Gabin retrouve les faveurs du public à partir de 1954 avec le film de Jacques Becker, Touchez pas au grisbi. Le film est un triomphe, son classicisme faisant de ce polar français l'un des maîtres étalon du genre. La même année, Gabin retrouve Renoir sur French Cancan. Le cinéaste qui fait son retour en France après un détour américain de quinze ans, s'inspire alors de la vie du véritable fondateur du Moulin-rouge, interprété par Gabin. Une occasion pour lui d'ausculter à nouveau comme un clan avec ses classes le monde du spectacle. Après quelques autres titres plus ou moins célèbres aux qualités très variables comme Razzia sur la chnouf (1955) d'Henri Decoin, Chiens perdus sans collier (Id) de Jean Delannoy, Gas-Oil (Id) de Gilles Grangier, Gabin explose à nouveau dans La traversée de Paris (1956) de Claude Autant-Lara, qui signe ici son chef d'œuvre. L'acteur, métamorphosé, joue un rôle plein d'ambiguïté qui lui assure alors grand succès auprès du public. Pour lui cette période représente le début d'une seconde carrière. Son corps a changé, sa silhouette s'est épaissie, il arbore des tempes grisonnantes, il impressionne sinon intimide davantage et ses rôles changent de registre.

 

Gabin et Audiard

 

Gabin noue alors une solide collaboration avec Michel Audiard qui lui écrit des rôles sur-mesure de flic bourru, président, vieux pacha voire de vieux de la vieille vaguement paternaliste et réac. On le croise ainsi chez ceux qui signent parmi ses films les plus célèbres dont pourtant la qualité est loin de celle d'avant-guerre. Chez Delannoy dans Maigret tend un piège (1958) et Le baron de l'écluse (1960) ; chez Grangier, son réalisateur quasi attitré, dans Les vieux de la vieille (Id), Le cave se rebiffe (1961) ou Maigret voit rouge (1963) ; chez Denys de La Pattelière dans Du rififi à Paname (1966) ou Le tatoué (1968). On le croise aussi chez Henri Verneuil, caporal en chef du cinéma de papa. Pour lui, il signe Un singe en hiver (1962), Mélodie en sous-sol (1963), Le Clan des Siciliens (1969), peut-être ses films les plus populaires car les plus faciles et surlignés par les dialogues d'Audiard. Gabin est alors devenu un mythe intouchable, sorte de masse inébranlable, monstre sacré incarnant une certaine tendance du cinéma français un peu bourgeoise mais aussi riche de son passé. Il tourne son dernier grand rôle chez Pierre Granier-Deferre dans Le Chat (1971), une adaptation de Simenon où face à Simone Signoret il incarne un retraité de banlieue prisonnier de son enfer conjugal. Mutique, enfermé dans son silence et son désamour de l'autre qui vire à la haine, Gabin donne à ce film sur la vieillesse une densité douloureuse et rare. Après Le Chat, il ne tourne plus que quelques films de routine et clôt sa carrière avec L'année sainte (1976) de Jean Girault. Un film oublié qui ne fera point d'ombre à la carrière de celui qui reste sans doute aujourd'hui le plus célèbre des acteurs français.

Les films de Jean Gabin

L'année sainte
L'année sainte
(1976)
Verdict
Verdict
(1974)
Deux hommes dans la ville
Deux hommes dans la ville
(1973)
Le tueur
Le tueur
(1972)

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Collaborations Michel Audiard, Henri Verneuil, Sacha Guitry

Les commentaires sur Jean Gabin

chris   Lundi 02 juillet à 21:05   

le plus grand acteur au monde au meme titre que brando
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Robert Hossein
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