Jean-Hugues Anglade intègre le Conservatoire national d'art dramatique de Paris en 1975 où il travaille sous la direction d'
Antoine Vitez. Dès 1977, il fait ses débuts à la télévision dans
Un comique né de Miche Polac (TV), puis
La Peau de chagrin (1980) et
La Randonnée (1981). Après un second rôle dans
L'Indiscrétion (Pierre Lary, 1982), co-écrit par
Jean-Claude Carrière,
Patrice Chéreau lui demande d'être l'interprète principal de
L'homme blessé (1983). Dès son second film, Anglade va parvenir à transmettre toute sa sensibilité et son ambiguïté à ce personnage troublé, se lançant dans une relation homosexuelle passionnelle. Nominé au César du meilleur espoir masculin, le jeune acteur s'impose comme la révélation du film.
Un statut qu'il concrétise avec
Subway (1985), le second long-métrage SF de
Luc Besson, l'aventure des
Loups entre eux (José Giovanni, id) connaît un succès international, imposant Anglade comme l'un des acteurs phares de sa génération, et surtout
37°2 le matin (1986). Aux côtés de
Béatrice Dalle, il est d'une sensualité à tomber dans cette adaptation du roman éponyme de Philippe Dijan. En lice pour l’Oscar du meilleur film étranger, le film de Jean-Jacques Beineix connaît un succès international, imposant Anglade comme l’un des acteurs phares de sa génération.
Jacques Deray et
Alain Corneau, pour
Maladie d'amour (1987) et
Nocturne indien (1989), font alors appel à lui, avant qu'il ne retrouve avec succès
Besson et se plonge dans le mélange d'action et de sentimentalisme lourdingue de
Nikita (1990).
N'hésitant pas à donner physiquement de sa personne, Anglade confirme par la suite l'étendue de son talent dans l'absolue nudité de
Nuit d'été en ville (Michel Deville, id) et le drame historique
La reine Margot (1994) dans lequel
Chéreau, une nouvelle fois, lui offre un rôle à la mesure de son talent dramatique, récompensé par l'Académie des Césars. Depuis
Nelly et Mr. Arnaud (
Claude Sautet, 1995), l'acteur semble pourtant perdu, multipliant les produtions sans grande envergure voire médiocres, à l'image de
Dis-moi oui (Alexandre Acardy, 1995),
Le prof (
Alexandre Jardin, 2000),
Mortel Transfert (
Jean-Jacques Beineix, 2001) ou
Sueurs (Louis-Pascal Couvelaire, 2002). Cherchant régulièrement un nouveau souffle à l'étranger, en particulier aux Etats-Unis depuis l'expérience de
Killing Zoe (Roger Avary, 1996), il n'a malheureusement pas trouvé sa chance avec
Risque maximum (
Ringo Lam, 1996),
Dark Summer (Gregory Marquette, 2000) ou
Taking lives, destins violés (
D.J. Caruso, 2004).
Relégué aux seconds rôles, à l'image de ses prestations dans la comédie dramatique
Il est plus facile pour un chameau... (
Valeria Bruni Tedeschi, 2003) ou le thriller
Fata Morgana (Simon Groß, 2007), Anglade n'a désormais plus vraiment la côte. A l'affiche en 2008 des drames
Borderline (Lyne Charlebois) et
Thy Neighbour (Anne Ritta Ciccone), du film chinois
Shangai 1976 (Xueyang Hu) et du biopic de l'actrice
Romy Schneider,
Romy (Josef Rusnak), il parviendra peut-être à retrouver les faveurs du public, prouvant par là même que son talent, en dépit d'une filmographie souvent ingrate, demeure intact.