Comédien, c'est un métier de flemmard. ”
Né le 11 Décembre 1930 à Piolenc, dans le Vaucluse, Jean-Louis Trintignant est le neveu du coureur automobile Maurice Trintignant, qui lui a transmit sa passion. Il débute des études de droit à la faculté d’Aix-en-Provence. Mais il assiste le jour de ses 19 ans à une représentation théâtrale qui changera sa vie :
l'Avare, mis en scène par Charles Dullin, dont il décide de suivre les cours à Paris.
Le jeune comédien à la beauté caractéristique se fait remarquer, grâce à la lecture d’un texte de
Robert Hossein, Responsabilité Limitée.
Après quelques apparitions, il obtient un rôle dans Si tous les gars du monde, de Christian Jacque. Mais, il est réellement révélé par
Et Dieu créa la femme, de
Roger Vadim. Dans ce film parfumé au scandale, il participe au lancement du mythe Bardot.
Très marqué par son service militaire en Algérie, il trouve son premier rôle d’anthologie, en 1961, dans
Le Combat de l’Ile, d’Alain Cavalier. Il quitte ce tournage avec un goût prononcé pour les films politiques. En 1968, il jouera dans
Z de
Costa-Gavras, dans
Le Conformiste de Bertolucci, en 1970, et dans
La Terrasse de Scola, en 1980.
Avec
Un Homme et une Femme de
Claude Lelouch, il accède au rang de star, en 1966. Il partage cette passion amoureuse sur fond de plage dauvillaise, avec Anouk Aimé.
Il participe à l’aventure de la Nouvelle Vague, avec
Ma nuit chez Maud, de Rohmer.
Accoutumé aux rôles tourmentés et sarcastiques, il se met dans la peau d’un séducteur manipulé dans Le Mouton Enragé de Michel Deville ou d’un agent immobilier soupçonné de meurtre dans
Vivement Dimanche de
François Truffaut.
Dans les années 70 et 80, il oscille entre films d’auteurs (
L’homme qui ment de Robbe-Grillet, pour lequel il obtient le prix d’interprétation à Berlin) et les films grand public (
Flic Story, en 1975, de
Jacques Deray ou
La Banquière, de Francis Girod en 1980). Son jeu tout en nuance fait de lui un acteur modèle pour les jeunes générations, à l’instar d’un
Michel Bouquet. Sa voix de velours est l’un de ses atouts majeurs et il sait la mettre au service des caractères dramatiques qu’il incarne.
Depuis la fin des années 80, le comédien s’est retiré dans sa maison d’Uzés, lassé par les « professionnels de la profession ». Il continue néanmoins à faire quelques apparitions d’autant plus remarquées. On a pu le voir dans
Trois Couleurs-Rouge de Kieslowski, en 93 ou
Ceux qui m’aiment prendront le train de Chéreau, en 97.
Marié à Stéphane Audran puis à Nadine Trintignant, il était très proche de Marie, fille qu’il avait eu avec cette dernière. Elle était l’une de ses partenaires de scène privilégiée. La mort de celle-ci, tuée par son compagnon
Bertrand Cantat, en 2003 a eu raison de l’homme public qu’il était.