Grande figure du cinéma français, à la fois connue et méconnue (des nouvelles générations), Jean-Pierre Cassel, de son vrai nom Jean-Pierre Crochon, a laissé derrière lui une filmographie de près de 200 films dans des genres aussi variés que leurs réalisateurs ou leurs époques. Initié à la danse par
Gene Kelly dans son film
La Route joyeuse (1954), mais sans avoir jamais su trouver en France de comédie musicale à la mesure de son talent, il s'est surtout illustré à ses débuts dans les premiers films de
Philippe de Broca :
Les Jeux de l'amour (1960),
Le Farceur (1961),
L'Amant de cinq jours (id.),
Un monsieur de compagnie (1964). On l'a vu aussi dans le film à sketch
Les sept pêchés capitaux (1962) où l'on retrouve divers cinéastes comme
Godard,
Chabrol et
Demy, ainsi que chez
Jean Renoir dans
Le Caporal épinglé (1962), montrant qu'il sait jouer autre chose que des comédies. En 1964 il joue d'Artagnan dans
Cyrano et d'Artagnan d'
Abel Gance, un an plus tard on le trouve chez René Clair dans
Les Fêtes galantes, puis en 1966 dans
Paris brûle-t-il ? de René Clément. Il obtient en 1969 l'un des rôles principaux du grand film de Jean Pierre Melville,
L'Armée des ombres, consacré aux années d'occupation en France et à la résistance. Peut-être un de ses plus grands rôles.
Cassel ne cesse alors de tourner, passant d'un auteur à l'autre, aussi bien français qu'étranger. On le voit ainsi chez
Chabrol (
La Rupture, 1970 ;
L'Enfer, 1994 ;
La Cérémonie, 1995), Gérard Brach (
Le Bateau sur l'herbe, 1971),
Bunuel (
Le Charme discret de la bourgeoisie, 1972), Michel Deville (
Le Mouton enragé, 1974), Richard Lester (
On l'appelait Milady, 1974 et
Le Retour des mousquetaires, 1989),
Sidney Lumet (
Le Crime de l'Orient-Express, 1974),
Chantal Akerman (
Les Rendez-vous d'Anna, 1978),
Joseph Losey (
La Truite, 1982),
Robert Altman (
Prêt-à-Porter, (1994). A partir des années 1980, il tourne très fréquemment pour la télévision ainsi qu'en Italie. Dans les années 1990 et 2000, il ne cesse de gâcher son talent dans d'innombrables navets cocardiers. Florilège :
Pétain (1994) de (1993) de Jean Marboeuf,
Métisse (1993) et
Les Rivières pourpres (2000) de Matthieu Kassowitz (ami de son fils, Vincent Cassel),
Casque bleu (1994) de
Gérard Jugnot,
Les Bidochons (1996) de Serge Korber,
Trafic d'influence (1999) de
Dominique Farrugia,
Sade (2000) de
Benoît Jacquot, ou encore
Michel Vaillant (2003),
Narco (2004),
Dans tes rêves (2005),
Contre-Enquête (2007) etc. On l'a vu également au théâtre, notamment chez
Roger Planchon pour
Bleu, blanc, rouge et
Les Libertins, et au music hall en 2005-2006 pour un spectacle où il reprit des chansons de
Serge Gainsbourg.