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Nationalité : française Naissance : 05 May 1944 à Paris Age : 65 ans Métiers : Acteur, Réalisateur |
De Truffaut à Godard (1963-1970)
Après Truffaut, Jean-Luc Godard adopte jalousement Léaud. Le réalisateur d'"A bout de souffle" se propose alors en grand frère pour l'acteur. Il lui offre le premier rôle auprès de Chantal Goya dans Masculin-Féminin (1965) puis le laisse montrer ses talents de pantomime dans un petit rôle quasi-muet mais délicieux pour "Made in USA" où Léaud se promène en dandy arborant un badge de séducteur sur lequel est inscrit: "Kiss me, I'm italian". Loin du personnage d'Antoine, déconnecté du monde contemporain, Léaud campe dans les films de Godard des rôles en phase avec son époque ("La chinoise"). Jean-Pierre Léaud s'est d'ailleurs engagé dans le militantisme gauchiste et soutient Langlois pendant de "l'affaire de la Cinémathèque"2 en1968 alors qu'il tourne "Baisers Volés" pour François Truffaut.
Sous le signe de Saturne (1970-1984)
Les années soixante-dix consacrent Léaud dans des rôles de grands personnages romantiques, notamment Alphonse dans "Les deux Anglaises et le continent" . C'est le temps aussi des expériences atypiques de l'interminable "Out 1" de Rivette aux délires de Moullet pour "les Aventures de Billy le Kid". Mais son plus beau rôle, Léaud le trouve chez Eustache en incarnant Alexandre dans "La Maman et la Putain". Crapotant sur la terrasse du café Flore, l'écharpe nouée en cravate, Léaud donne vie à la poésie d'Eustache. Mais la vie est difficile pour le jeune acteur. Il cumule les dépressions, les problèmes d'argent et les échecs sentimentaux. A sa vie orageuse et romantique fait écho la phrase que Truffaut, par l'intermédiaire du personnage de Ferrand, lui adresse dans "La nuit américaine": " Les films sont plus harmonieux que la vie. Il n'y a pas d'embouteillages dans les films, pas de temps morts. Les films avancent comme des trains, tu comprends, comme des trains dans la nuit. Des gens comme toi, comme moi, on est fait pour être heureux dans le travail, dans notre travail de cinéma".
Survivre à François (1984-1991)
Le 21 octobre 1984, François Truffaut, emporté par une tumeur au cerveau, s'éteint à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine. Jean-Pierre Léaud se retrouve alors orphelin. Il perd celui qu'il avait choisi pour père adoptif en reproduisant la relation qu'avait entretenue le jeune Truffaut avec le critique André Bazin. Dans le numéro spécial que consacrent les "Cahiers du Cinéma" en décembre1984 à celui qui avant de passer réalisateur avait pourfendu un cinéma français vieillissant dans ses colonnes, Léaud, dans son bref hommage, rappelait cette double filiation : "François est l'homme que j'aimais le plus au monde, comme il le disait de son ami André Bazin ". Il fallait alors pour Léaud apprendre à vivre sans pouvoir compter sur l'aide de celui qui était toujours prêt à le défendre quand l'occasion se présentait: "Les fanatiques de la vraisemblance concentrent leurs critiques contre les comédiens maigres aux joues creuse et à la chevelure en bataille, les acteurs bressoniens que leur introversion fait s'exprimer comme des ventriloque douloureux (...) Jean-Pierre Léaud sécrète lui aussi de la plausibilité et de la vraisemblance mais son réalisme est celui des rêves"4. Léaud doit continuer de tourner avec comme riche, mais parfois pesant, héritage les rôles que le cinéaste lui avait offerts : "Aujourd'hui, l'acteur préfère se taire pour laisser vivre et parler sur l'écran les personnages d'Antoine et d'Alphonse". Mais survivre à François est difficile pour Léaud. Sur la photo regroupant tous les comédiens de Truffaut pour un hommage rendu au festival de Cannes en 1985, Jean-Pierre Léaud est le seul à ne pas sourire. L'acteur tente de s'enfoncer peu à peu dans la pénombre. Pourtant il refait parler de lui de lui dans les années qui suivent. Suite à la mort de Truffaut, Léaud accumule les dépressions. Cependant l'acteur continue sa carrière cinématographique. Il sublime sa souffrance dans des apparitions furieuses, comme en 1987, dans "Les Keufs" de Josiane Balasko où il interprète un commissaire de police survolté. Godard ne la pas non plus abandonné. Les augures et les conseils du devin Godard sont encourageants :" Tu peux continuer là où Georges Flamant s'est arrêté. Tu peux aller plus loin que où Robert Mitchum n'est pas encore arrivé. Tu dois aller jusqu'au jour où un autre Vigo en pleine santé aura besoin d'un nouveau père Jules que le fantôme de Michel Simon viendra protéger".
Avec la nouvelle génération (1991-2000)
Dès le début des années quatre-vingt-dix, Léaud donne sa confiance à de jeunes réalisateurs, enfants de la Nouvelle Vague. Il accepte de tourner pour Olivier Assayas aux côtés de Thomas Langmann dans Paris S'éveille. Si Léaud choisit Assayas c'est peut-être un peu parce que les traits du réalisateur avec son large front et ses longs cils rappellent ceux de Truffaut ou de Léaud lui-même même si le comédien considère Assayas comme" le réalisateur le plus doué de sa génération"6. Léaud enchaîne ensuite les rôle de cinquantenaire allumé qu'il soit prof dans "le journal d'un séducteur" de Danièle Dubroux ou cinéaste maudit dans "Irma Vep" d'Assayas. Jusqu'à ce que Lucas Belvaux lui offre un grand rôle comique dans "Pour rire". Belvaux y révèle avec talent le potentiel comique de Léaud qui en mari cocu essaye de reconquérir sa femme. En convoquant par petites touches Antoine Doinel, Léaud réussit à composer un nouveau personnage. En mars 2000, Léaud reçoit un César pour l'ensemble de sa carrière: le cinéma français dans son ensemble finit donc bien par reconnaître ses vrais talents.
Il y a quatre ans, dans le dernier plan de "Pour rire" de Lucas Belvaux, Jean-Pierre Léaud, cadré en regard-caméra, nous lançait une promesse : "Ne bougez pas, je reviens tout de suite !" Et le comédien a tenu sa parole. Ce n'est pas un come-back au cinéma qu'il n'a jamais vraiment quitté que Léaud effectue, mais un retour à la vie publique qu'il fuyait. Résultat, depuis quelques mois, on aperçoit Léaud partout : au festival de Cannes où il répond à des interviews télévisées, dans les pages de Libération dans lesquelles il pose entre deux actrices pornos ou à la réception du Ministre de la Culture organisée en juin pour la fête du cinéma...Alors, comme disait Godard pour Truffaut, on pourrait ajouter pour Léaud: "on le recroisera forcément"...
| Personnalités Similaires | Jean-Paul Belmondo |
| Collaborations | Jean-Luc Godard, Aki Kaurismaki, Lucas Belvaux, Olivier Assayas, Jerzy Skolimowski, Luc Moullet |
| Amis/Famille | François Truffaut |
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