L'intelligence à l'état pur est une révolte permanente.
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Né le 18 juillet 1933, à Paris, Jean Yanne ne vient pas au monde avec une vocation de comédien puisqu’il se dirige en premier lieu vers des études de journalisme. Son vrai talent, c’est l’écriture. Il le comprend très vite et délaisse l’école pour ecrire des sketchs de cabaret.
Conformément aux douces coutumes de l’époque, il fait trois ans de service militaire, avant de retrouver sa plume et de devenir chansonnier.
Il devient ensuite animateur de radio et de télévision au début des années 60. Il développe une image de gentil râleur qui plait aux auditeurs. Il est l’auteur, en 68, du fameux slogan : « Il est interdit d’interdire ».
Touche à tout, il se tourne vers le cinéma en 64. Il joue dans
La vie à l’envers d’Alain Jessua.
Il se fait remarquer, en 67, après plusieurs prestations, dans le film de
Jean-Luc Godard,
Week-end, dans lequel il prolonge son personnage radiophonique.
Chabrol va ensuite lui offrir deux personnages forts dans
Que la Bête meurt, en 69 puis
Le Boucher. Jean Yanne est alors cantonné aux personnages de méchants. Il achèvera de renforcer cette image, dans
Le Saut de l'ange, (1971) et Nous ne vieillirons pas ensemble, de
Maurice Pialat (1971), pour lequel il obtient le Prix d'interprétation à Cannes. Il se retrouve, dans ce film, en proie à l’éternel dilemme : doit-il choisir entre sa femme et sa maîtresse ?
Puis, il change de registre et dévoile un humour corrosif dans sa première réalisation, en 72,
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Il brocarde ensuite le monde impitoyable de la politique dans
Moi yen a vouloir des sous, l’année suivante. Il réitérera plusieurs fois l’expérience de la mise en scène, avec plus ou moins de succès.
Liberté, Egalité, choucroute est un flop mais, en 82, son péplum comico-anachronique, Deux heures moins le quart avant Jésus Christ, sera l’un des triomphes de l’année.
Au début, des années 80, Jean Yanne s’installe en Californie. Il enchaîne néanmoins les tournages en France, au gré de ses humeurs et de son ressentiment sur les scénarios qui lui sont envoyés.
En 92, il joue dans
Indochine, de
Régis Wargnier, puis dans
Enfants de Salauds, de
Tonie Marshall en 96, et Je règle mon pas sur celui de mon père, de Remy Waterhouse, en 99.
Plus, récemment, on a pu le voir dans deux grosses productions :
Le pacte des Loups, de
Christophe Gans, en 2001 puis
Gomez et Tavares, en 2003.
N’ayant jamais délaissé la radio, qui lui permet d’exprimer son brillant humour satirique, il est l’un des plus fidèles sociétaires de l’émission
Les Grosses Têtes sur RTL.
Il décède d’une crise cardiaque, le 23 mai 2003, à Reims.