Jeff Goldblum, grand brun au doux charme qui sied si bien à ses personnages récurrents de scientifiques passionnés, est déterminé dès son plus jeune âge à devenir acteur. A 17 ans, il s'installe à New York pour suivre les cours d'art dramatique de la renommée Neighborhood Playhouse où officie Sanford Meismer, ancien collaborateur de Lee Strasberg. Afin de compléter sa formation, il intègre le programme d'été de la Carnegie Mellon University School of Drama, tout en faisant ses débuts à Broadway dans la pièce shakespearienne
Les deux gentilshommes de Vérone. En 1974, il abandonne pour un temps le théâtre afin de tenter sa chance à Hollywood.
Il ne tarde pas à décrocher une apparition dans
Un Justicier dans la ville (Michael Winner, 1974) où
Charles Bronson, érigé en vengeur solitaire, lui fait passer un sale quart d'heure.
Robert Altman, qui l'avait repéré sur les planches new-yorkaises, lui propose alors de participer consécutivement à deux de ses films,
Les Flambeurs (id) et
Nashville (1975). Dès lors, l'apprenti acteur va enchaîner les seconds rôles, notamment pour la télévision et la série B
Monsieur Saint- Ives (1976) réalisée par Jack Lee Thompson. En 1977, il s'essaye à la comédie en jouant un invité étourdi dans
Annie Hall (
Woody Allen). L'année suivante, il parvient enfin à obtenir un rôle important dans le classique de la SF,
L'Invasion des profanateurs (Philip Kaufman, 1978). Ce remake du film de Don Siegel lance sa carrière et l'installe pour un temps dans un genre qui semble lui convenir à merveille.
Ce que viendra confirmer par la suite le modeste
Threshold (Richard Pearce, 1981) sur lequel il fait de nouveau équipe avec
Donald Sutherland. Or, Goldblum sait aussi être particulièrement drôle, surtout quand il joue de son physique volontiers dégandé et de ses airs naïfs, à l'image de sa prestation dans la série
Timide et sans complexe (1980) où il interprète le rôle principal. Une expérience télévisuelle qu'il renouvellera, en parallèle de ses rôles variés dans la comédie dramatique
Les Copains d'abord (Lawrence Kasdan, 1983), l'aventure spatiale
L'Etoffe des héros (Philip Kaufman, id) et le burlesque
Série noire pour une nuit blanche (
John Landis, 1985) au casting hétéroclite composé de
Michelle Pfeiffer,
Roger Vadim,
David Bowie et
David Cronenberg. La rencontre avec le cinéaste canadien va s'avérer décisive puisque ce dernier lui propose d'incarner Seth Brundle, le savant au destin monstrueux et tragique de son prochain film,
La Mouche (1986).
En dépit du succès commercial du film (l'unique de
Cronenberg), l'acteur va connaître une période délicate, multipliant les mauvais choix artistiques. Jusqu'au second souffle apporté par
Steven Spielberg et son projet démentiel de
Jurassic Park (1993), pour lequel il endosse de nouveau sa blouse de scientifique gentiment excentrique. Image qu'il entretiendra avec les cartons au box-office que sont
Independence Day (
Roland Emmerich, 1996) et
Le monde perdu : Jurassic Park (1997), second volet de la saga écrite par
Michael Crichton, toujours confié aux bons soins de Spielberg. Mais Goldblum cherche avant tout à brouiller les pistes, entre comédie hystérique-
Neuf mois aussi (Chris Colombus, 1995), fantastique spirituel-
Powder (Victor Salva, id) et divertissement familial-
Le Prince d'Egypte (Simon Wells , 1998).