Jusqu’à Ace Ventura…, aucun acteur n’avait envisagé de parler avec son cul. ”
Dans Man on the Moon de Milos Forman, Jim Carrey réalise une performance parfaite. Mais une nouvelle fois, après The Truman show il est boudé par l'Académie des oscars et ne sera pas nommé pour l'obtention de la petite statuette. Jim Carrey, dernier poète maudit ?
Superstar outre-Atlantique, chouchou du public plus que de la critique, Jim Carrey est un bouffon qui possède un véritable génie comique. Né au Canada, il apprend la comédie sur le tas en participant à des "stand-up comedies", ces one-man shows de cabaret où il faut amuser les buveurs de bière et les couples venus se restaurer. Il commence à Toronto, puis son talent aidant, il débarque à Los Angeles. De l'avis des connaisseurs, il n'y eut que deux génies du stand-up, Jerry Seinfeld et Jim Carrey. Si le premier a réussit en créant sa série culte (la meilleur du genre assurément), le second lui s'est laissé séduire, après quelques apparitions télé, par le grand écran.
Après des années de galère et quelques petits rôles, passage obligé pour tout acteur débutant, il est propulsé au sommet à coup de blockbusters, qu’il enchaîne très rapidement. C’est d’abord
Ace Ventura, détective pour chiens et chats qui connaît un succès populaire inattendu. Et c’est ensuite
Dumb and Dumber, des
frères Farrelly, et
The Mask (tous sortis en 1994), qui offrent à Jim Carrey l’espace dont il semble avoir besoin pour déployer son exubérance. En deux ans, il parvient à battre les records de cachets hollywoodiens, avec un contrat de 20 millions de dollars pour
Disjoncté, en 1996. Très aimé du public, il est en revanche boudé par la critique et par les prix, qui lui reproche d'être toujours le même.
Mais il serait bien irrespectueux de réduire le talent de Carrey à une série de chiffres. Lui-même a d'ailleurs accepter de réduire son salaire de moitié pour jouer dans le très bon
The Truman show. Non, si Jim Carrey reste un acteur à part et tout à fait singulier, c'est entre autre parce qu'il est le seul génie comique révélé par Hollywood depuis Jerry Lewis il y a cinquante ans. Et si l'on y regarde de plus près, on peut voir que leur début de carrière n'est pas si différent. Même si Lewis a démarré en duo (avec le célèbre
Dean Martin), il a ensuite connu une carrière solo conséquente. Il était très aimé du public tout en étant ignoré par les critiques et les cinéphiles. Ce n'est que plus tard que l'on a reconnu son génie d'acteur et de réalisateur (on oublie trop souvent ses mises en scènes parfaites). Jim Carrey connaît lui aussi ce genre de déboires, même s'il ne semble pas y prêter attention.
Quoi qu'il en soit, plusieurs films donnent à Jim Carey la possibilité, de s'affiner et de toucher un autre type de public. Ce sont le
The Truman show (
Peter Weir, 1998), et
Man on the Moon (
Milos Forman, 1999), qui forcent les cinéphiles à reconsidérer leur opinion sur lui. Mais la consécration du Jim Carrey acteur et plus seulement comique arrive avec le drame audacieux de
Michel Gondry,
Eternal Sunshine of the Spotless Mind sorti en 2004. Jim enchaîne ensuite avec des œuvres très éclectiques comme
Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (2004), la comédie
Braqueurs amateurs (2006) et le thriller de
Joel Schumacher,
Le Nombre 23 (2007). Après avoir prêté sa voix à l'éléphantesque
Horton (2008), Jim est à l'affiche de
Yes Man, comédie de Peyton Reed.