John Goodman, sa carrure imposante associée à sa bonhomie et sa voix de stantor ont en fait l'un des acteurs hollywoodiens les plus atypiques de sa génération. Dernier d'une famille de trois enfants, il se passionne dès son plus jeune âge pour le sport, notamment le football américain. A l'université, une blessure au genou le contraint à abandonner ses rêves de joueur professionnel. Se tournant vers le théâtre, il quitte la Missouri State University avec son diplôme d'art dramatique en poche, bien décidé à conquérir New York. Dès 1975, il commence à se produire dans des cafés-théâtres, ainsi que dans diverses productions on et off-Broadway comme la comédie musicale
Big River, tout en apparaissant dans divers spots publicitaires. Trois ans plus tard, il fait ses débuts sur grand écran dans la comédie romantique teenage
Jailbait Babysitter (John Hayes, 1977).
A partir de 1983, il commence à multiplier les apparitions, pour l'essentiel à la télévision et dans des séries B comme
Un flic aux trousses (Jeff Kanen, 1983) où il croise Kirk Douglas,
Les tronches (id, 1984) et
C.H.U.D (Douglas Cheek, id). Alors qu'il est parvenu à décrocher un second rôle dans
Sweet Dreams (Karel Reisz, 1985), le biopic de la chanteuse de country Patsy Cline, et le policier
The Big Easy (
Jim McBride, 1987), Joel et Ethan Cohen le repèrent et le choisissent pour interpréter l'un des anciens compagnons de cellule de
Nicolas Cage dans leur comédie kidnapping
Arizona Junior (id). Entre l'acteur et le duo de frangins l'alchimie opère si bien, qu'au fil des années ils collaboreront de nouveau ensemble à quatre reprises, pour
Barton Fink (1991),
Le Grand Saut (1994),
The Big Lebowski (1998) et
O' Brother (2000) dans lesquels Goodman, entre burlesque monstrueux et sombre étrangeté, se livre à de stupéfiantes compositions.
Si c'est grâce à la télévision et en particulier à l'immense succès (critique, populaire) de la série
Roseanne (1988-1997) que l'acteur connaît la gloire, le cinéma demeure sa priorité. Durant près d'une décennie, il va donc tenter de jongler entre les impératifs du show et les propositions filmiques. N'hésitant à se diversifier, il participe ainsi au mélo
Always (
Steven Spielberg, 1989), au thriller
Mélodie pour un meurtre (Harold Becker, id) avec
Al Pacino, à la comédie du couple
Mélanie Griffith /
Don Johnson,
Quand l'esprit vient aux femmes (Luis Mandoki, 1993) ainsi qu'aux tribulations familiales de
La Famille Pierrafeu (Brian Levant). Peu regardant sur la qualité, il enchaîne avec
Blues Brothers 2000 (
John Landis, 1998), suite catastrophique du film que le même réalisateur réalisa en 1980 et
La Chute de l'ange (Gregory Hoblit, id), revêtant une nouvelle fois son habit de flic teigneux, avant de retrouver, avec davantage de réussite,
Nicolas Cage dans l'odyssée nocturne de
Martin Scorsese,
A Tombeau ouvert (1999).
Devenu un spécialiste du doublage depuis
Coco le Perroquet (Mario Andreacchio, 1998), Goodman a depuis contribué à l'univers vocal de nombreux films animés pour les studios Pixar comme
Monstres et Cie (David Silverman, 2001) et
Cars (John Lasseter, 2006) ou Disney à l'occasion du
Le Livre de la Jungle 2 (Steve Trenbirth, 2003) et
Bee movie - drôle d'abeille (Simon J. Smith, 2007). Pour autant, il n'a pas délaissé le petit écran en apparaissant régulièrement dans diverses séries comme The West Wing (2003-2004) ou
Father of the Pride (2004-2005), et encore moins le grand. Récemment à l'affiche du poussif
Evan Tout-Puissant (Tom Shadyac, 2007) avec Steve Carrell et de
Death Sentence (James Wan, id), nouvelle et réussie occurrence du vigilante film, Goodman s'est surtout illustré dans l'univers pop de
Speed Racer (frères Wachowski, 2008) continuant de jouer avec un égal brio les seconds couteaux. En attendant, entres autres, la nouvelle comédie romantique de P.J Hogan,
Confessions of a Shopaholic (2009) et l'intriguant
Dans la brume électrique de Bertrand Tavernier (id) où il aura à affronter
Tommy Lee Jones.